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CHAPITRE V

hraves, conduits par Kleber, gravirent les hauteurs sous le feu de l’artillerie ; mais ils y trouvèrent des adversaires dignes d’eux : les grenadiers d’Ulm, les bataillons de Spleny, de Stuart et de Hohenlohe , sous le commandement du général Mylius , après leur avoir fait essuyer deux décharges , s’avancèrent contre eux à la baïonnette. Il s’engagea une mêlée dont l’opiniâtreté a peu d'exemples dans l’histoire des guerres récentes. Enfin les Français furent culbutés des hauteurs avec perte d’un drapeau , et poursuivis par la cavalerie.

Levai et Bastoul ne purent percer ; le dernier avait , dès le principe , repoussé la cavalerie autrichienne; mais l’infanterie le retint : la cavalerie se rallia bientôt, attaqua de front et de flanc sa petite colonne , et la chassa sans oser néanmoins la poursuivre.

Kleber ordonna la retraite générale dans la position qu’il occupait avant le combat. L’infanterie autrichienne le suivit jusqu’au village de Kircheip , où elle s’établit.

Les deux partis s’attribuèrent la victoire , et , à la vérité , tous deux avaient vaillamment combattu et essuyé d’énormes pertes (1). Des

(j) Cecombal fit le plus grand honneur au général Kray,

go HISTOIRE DE LA CAMPACNE DE 1 -jgG.

renforts du corps de 1 Archiduc s avancèrent jusqu'à Weierbusch pour soutenir l’avantgarde; mais ils s'arrêtèrent, le combat étant terminé. Wartensleben en détacha d'autres de Hœchstebach à Alteukirchen.

Le projet d’attaque de Kleber était sage , vu qu'il ne pouvait effectuer sa retraite en ordre en laissant prendre à 1 ennemi position si près de lui. Il saisit avec habileté le moment où son adversaire , encore trop faible , poussait ses troupes sans plan et sans soutien , sur différentes directions, pour tomber sur le point décisif; s inquiétant peu des progrès que les Autrichiens faisaient sur la Sieg , il frappa où le danger serait devenu imminent, si son adversaire venait à réparer sa faute. Ses mesures pour emporter la position de Kircheip mériient également des éloges , car à juger de la faible résistance des Autrichiens, il n'était guères probable qu'ils y missent de grands obstacles, ni qu'ils eussent fait des préparatifs pour le recevoir. La prudence lui conseillait aussi de se retirer dès que son attaque eût

en qui on remarqua dans le cours de cette campagne un coup d’œil sûr, une grande activité, et une énergie peu

commune.

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