CHAPITRE VI. qg
calculé, qu’elles arrivèrent le 23, à leur véritable destination. ^
Pour mieux tromper l’ennemi, et cacher entièrement ses desseins, Moreau s’avança, le 20 juin , avec toutes les troupes présentes , contre le camp retranché de Mannheim. 11 y engagea un combat très-vif, où il déploya autant de troupes et d’artillerie que le terrain pouvait le lui permettre. Après que toute la cavalerie du centre et de la réserve eut pénétré dans la plaine de Mutterstadt, il l’établit sur deux lignes, et commença une forte canonnade , qui força bientôt les avant-postes autrichiens, et la cavalerie qui les soutenait, à se retirer.
Ils n’occupaient plus que les deux redoutes de Rheingenheim et Bachhæusel, en avant du camp retranché , tant pour soutenir les avantpostes, que pour ôter à l’ennemi les points propres à l’établissement de ses batteries. Les Français s’avancèrent contre elles avec toute l’infanterie de la première ligne , et les canonnèrent si vivement, que les Autrichiens les évacuèrent , et se retirèrent dans le camp avec le matériel d’artillerie. La canonnade ne finit qu’à la nuit.
Immédiatement après le combat, Moreau
ayant rempli son objet, mit toutes les troupes en marche pour Strasbourg.
Le choix de Kehl était aussi heureux , par rapport aux facilités qu’il offrait pour les opérations ultérieures, que pour l'exécution du passage même.
La chaîne de montagnes qui forme la vallée du Rhin, depuis les villes forestières jusqu à l'embouchure du Necker, escarpée en beaucoup d’endroits, est impraticable vers l’Enz; dépourvue de routes transversales dans les autres vallées, elle n’a qu’un petit nombre de communications , encore ne peuvent-elles servir aux opérations militaires. La principale passe par la vallée de la Kintzig, et débouche dans celle du Rhin, près d'Offenburg , vis-à-vis de Kehl , à la distance d’une marche des bords du fleuve. C’était , sous les rapports actuels, la plus propre aux opérations qui devaient mener dans le cœur de la Souabe , attendu que les montagnes de chaque côté de la Kintzis sont moins élevées , mieux cultivées / et par conséquent percées d'un plus grand nombre de chemins que le reste de la contrée. En passant heureusement le Rhin à Kelil, il était possible d’atteindre en peu de temps, nonseulement le meilleur débouché joourles opérations ultérieures, mais encore de couper