CHAPITRE VI r. I
effectué son passage à Kehl, et jeté, le 25 juin, 59 bataillons et 7 4 escadrons sur la rive droite du Rhin? qu’il eut occupé le 28 la vallée de la Rench, et placé ses avant-postes le long de la Schutter? A la fin de juin , Moreau déjà maître des deux routes de montagnes , était, par cela même, plus près du haut Necker et du Danube supérieur , que les Autrichiens qui se trouvaient dans la vallée du Rhin, et tenaient les routes de celles de la Rencli et de la Kintzig à Freudenstadt et Haslach, avec les débris du contingent de Souabe , quelques compagnies de chasseurs et clés détachemens des corps de Gondé et de Froehlich.
L’Archiduc avait dirigé vers le Mein le contingent saxon et la division de l'armée du haut Rhin, immédiatement après la retraite de Jourdan sur Düsseldorf et Neuwied, et se trouvait le 24 juin à Hachenburg. Quand il. eut avis de l’opération de Moreau , il ne pouvait déjà plus atteindre Wiesenthal le 1 5 juillet, que par des marches forcées , avec i5 bataillons et 20 escadrons autrichiens. Les Saxons arrivaient le même jour avec 8 bataillons , 4 compagnies de chasseurs et 19 escadrons près de Grahen; Latour avec 16 bataillons et 5o escadrons , entre Gernsbach et le Rhin ,
j3o histoipæ de la campagne de 1796.
sur la Murg; les restes du corps de Souabe , formant les cadres de 14 bataillons et 8 escadrons, battaient en retraite de Freudenstadt et de Hausach; le prince de Coudé et Frœblich , avec 12 bataillons et demi et 25 escadrons , se trouvaient répartis sur le Pihin , le long de la rive droite de l'Elz , et dans la vallée de la Kintzig.
La disposition de l'armée autrichienne du haut Rhin, à cette époque, y compris les troupes en marche, est indiquée dans le tableau ci-contre.
Trois divisions françaises et la réserve , formant ensemble 3g bataillons et 55 escadrons, étaient entre la Rench et la Murg; 6 bataillons et 9 escadrons, sur le Kniebis et dans la vallée de la Rench ; 2 divisions de 21 bataillons et 17 escadrons, établies aux environs de Biberaeh, sur la rive gauche de la Rintzig , laissant une chaîne de postes jusqu'à Brisach , en remontant la rive gauche du Rhin.
Tout forçait l’Archiduc à prendre un parti, car il ne pouvait désormais faire un pas audelà dEtlingen, sans perdre la faculté de se porter sur le Psecker, à moins de retourner sur ce point; d!y battre l'ennemi, ou tout au
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C UAP I*T R E VII.
moins de le repousser au-delà de la Rendu Î1 n'y a qu’une seule communication transversale dans les montagnes entre la Rencli et Etlingen ; elle conduit de Gernsbach à Freudenstadt, et n’est pas praticable pour une armée sur tout son développement. On ne pouvait même compter sur elle, puisque les Français se trouvaient déjà dans les montagnes et devant Freudenstadt.
En marchant de suite par Durlach ou Etlingen, vers le haut Necker, l’Archiduc n’avait pas l’espoir d’y prévenir son adversaire ; car démasquant son projet , l’exécution en devenait plus difficile. Mais en avançant e tprenant 1 initiative de l'attaque, il pouvait être victorieux ; et au pis aller sa position n’en devenait pas plus critique , car l’ennemi n’ajoutait rien par là à la facilité qu'il avait déjà de le prévenir; si au contraire son attaque obtenait seulement un demi-succès, il attirait probablement l’attention de Moreau dans la vallée du Rhin , et arrêtait ses progrès dans les montagnes. Cependant le Prince conçut des espérances plus flatteuses encore : se voyant réuni au corps de Latour , il compta sur la supériorité de sa cavalerie, qu’il pouvait déployer facilement dans les plaines de la Murg ; il se trouvait d’ailleurs çn position de couvrir plus long-temps les lor-
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ieresses dont F approvisionnement n'était pas encore achevé.
Cependant la grande avance que Moreau avait déjà sur lui, rendait le danger imminent; il fallait y remédier promptement: l’Archiduc résolut d’attaquer.
Ici les critiques demanderont s’il n’était pas possible de neutraliser, par des manoeuvres et des marches, l’avantage qu’avait l’ennemi d être établi près des communications des Autrichiens ; et si , dans l'impuissance de le prévenir sur le haut Necher, il n’y aurait pas eu de probabilité d’atteindre le but de cette manière avec une armée intacte , plutôt qu’après la perte d’une bataille ; enfin , ils demanderont s’il était permis d’en espérer une heureuse issue, lorsque Moreau avait déjà concentré des forces aussi considérables , et fait des progrès si marqués dans les montagnes.
. Il semble toutefois que l’Archiduc eût agi plus prudemment de réunir à ses troupes, toutes celles qu'il pouvait attirer de Philipsburg et de Mannheim, et de s’avancer assez loin sur la direction de Rastadt, pour donner le change au général français; tandis que Latour lui eût déguisé le vrai point d’attaque , en faisant des démonstrations dans la vallée du Rhin. Cet objet rempli, il aurait fallu