‹ Vol. 2Chapitre 7 sur 157 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Souabe , aucune place forte ; les Autrichiens avaient négligé d’en construire pendant les quatre ans qu’ils occupèrent le haut Rhin, et de fermer par-là les principaux débouchés qui donnent accès dans le coeur de leur pays. Le passage du fleuve leur paraissant impossible , ils n’appréhendaient aucun des malheurs qui pouvaient en résulter. Leur aile droite était encore plus faible ; car au même inconvénient, elle joignait celui de former un angle sans appui. 11 est vrai que les places de Philipsburg, Mannheim , Mayence et Ehrenbreitstein , couvraient le centre de la ligne, mais à quoi sert la force de celui-ci , lorsque la perte des ailes lui enlève tout moyen de résistance , isole ses points fortifiés , et donne prise à l’ennemi (i)?

(i) L’auteur affirme , que la ligne du Rhin eût été bien couverte avec une forteresse sur chacune de ses extrémités. Nous demanderons à notre tour, si ces deux places auraient interdit à une armée entreprenante, le passage de ce fleuve vers Neuwied ou Mannheim. Nous ne contestons pas l'utilité d’un bon poste à Kehl pour les Autri- ^ chiens , nous convenons même qu’il leur eût été trèsconvenable d’avoir un point d’appui tel que Düsseldorf pour leur aile droite; mais nous observerons que le point essentiel, le centre, était suffisamment couvert par Philipsburg , Mannheim et Mayence , et que les Autrichiens, maîtres des deux rives du Rhin par ces deux der-

l4 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1 796.

D après ces considérations, il ny avait pas d’apparence que les Autrichiens prissent 1 offensive avec succès : leur défensive même était chanceuse. La France avait de son côté une base d’opérations, étendue à la vérité, mais qui embrassait plus d objets, et se trouvaitbien fortifiée. Tous les avantages qui eu résultaient pour elle , augmentaient en raison des progrès que les Impériaux auraient faits entre ses places, puisqu’ils eussent facilité les moyens de les envelopper. Aussi long-temps que les Autrichiens avaient à craindre d’être tournés , ils devaient, en cas d’offensive, tenir sur les extrémités de leur ligne des armées nombreuses, pour s’emparer, avant tout, des points fortifiés sous la protection desquels l'ennemi pouvait s’avancer sur leurs communications : mais la disproportion de leurs forces ne leur permettait pas d'employer ces moyens.

nières places , possédaient autant d’avantages stratégiques que s’ils eussent eu deux forteresses de plus le long du fleuve. Le défaut réel de la ligne autrichienne élait de n’avoir pas plusieurs places en seconde ligne sur le Necker ou le Danube, car Llm dominé, et alors tombant en ruines , était hors d’état d’opposer la moindre résistance, et Ingolstadt , d’ailleurs trop éloigné, appartenait aux Bavarois.

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