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CHAPITRE VII

gagner , à marches forcées , le Necker et les environs de Ludwigsburg, par la route dite Bergstrasse. Latour au contraire serait resté le plus possible dans la vallée du Rhin, et avant de se réunir à l'armée, aurait jeté des garnisons dans Philipsburg et Mannheim.

Lors même que Moreau eût devancé l’Archiduc de quelques marches sur le haut Necker, il n’aurait pas osé se porter plus loin , et laisser l’armée autrichienne sur son flanc. 11 eût peutêtre été possible au prince Charles de faire prendre le change à l’ennemi par une démonstration qui menaçât ses communications, et l’engageât à un faux mouvement qui aurait permis de regagner l’avance perdue. Une fois arrivé sur sa propre ligne de communication , il avait l’option d’attendre Moreau ou de marcher à sa rencontre , et de courir les chances d’une bataille.

Quoique les Français occupassent Baden depuis le 4 juillet, néanmoins Latour ne renforça pas sa gauche ; et le poste de Gernsbach , situé à l’embranchement des routes de la vallée de la Murg, de Baden et de Herrenalb , fut gardé par un seul bataillon ; un autre tint l’étendue entre Bischweier et Gernsbach.

Cette position était défectueuse , puisqu’on prévoyait l'attaque de l’ennemi dans la monta-

gne. Moreau ne pouvant faire un pas dans la plaine , sans se rendre maître des hauteurs qui assuraient son liane, les Autrichiens auraient du établir le gros de leur infanterie aux environs de Gernsbach et de Rothenfels , et se contenter de garder la plaine avec quelques fantassins , leur cavalerie et de l'artillerie.

Le général français sentit T importance d'occuper les montagues , et résolut de faire attaquer Gernsbach par la division Taponnier : celles de Beaupuy et de Delmas devaient déboucher ensuite ; la première contre Kuppenheim, et la seconde d Ottendorf. Conformément à ces dispositions , Taponnier s avança sur la route de Baden à Gernsbach, qu'il attaqua le 5, à cinq heures du matin. Le village fut bientôt emporté : on y prit une pièce , et le bataillon qui le gardait se retira sur Lofenau. Alors les Français poursuivirent les détachemens autrichiens postés dans la vallée de la Murg, près de Rothenfels, et poussèrent des partis dans les montagnes contre Michelsbach , afin de tourner leur liane gauche.

Au commencement delà journée, le combat s’était borné, dans la plaine, à une fusillade d'avant-postes; mais lorsque Gernsbach fut emporte , il devint plus sérieux. L Archiduc arrivait justement avec les tètes de coionnes à

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