CHAPITRE VII. l
dans les mouvemens du général en chef français ne peut être expliquée que par le mauvais état des routes , dans ces contrées montagneuses, et par les obstacles qu’éprouvent les opérations, en général, dans un pays coupé et inconnu (1).
Cependant ces inconvéniens étaient conumuns à l’Archiduc ; on peut même dire qu’ils le gênaient d’autant plus, que ses troupes avaient à faire de longs détours , sur des chemins difficiles , pour arriver aux points d’attaque. On ne saurait donc censurer en lui que la résolution de livrer une bataille décisive en pareille conjoncture.
Moreau avait l’intention de tourner l’aile gauche de l’ennemi établie dans les montagnes derrière l’Alb , près de Frauenalb et de Herrenalb , de la forcer à la retraite , et de ga-
(1) Cette conjecture parait d’autant mieux fondée, qu'à cette époque les troupes ne pouvaient se mouvoir dans la Souabe et la Forêt-Noire, sans faire au préalable des reconnaissances, dont les difficultés se multipliaient à chaque pas, faute de renseignemens. Aujourd’hui ces contrées sont très-connues : il en existe plusieurs belles cartes, et le général Guilleminot adonné une excellente reconnaissance de la Forêt-Noire.
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gner par-là la route de Pforzheim, pendant que sa gauche s'avancerait dans la vallée du Rhin, et y amuserait son adversaire. Saint- Cyr devait attaquer dans cette vue du côté des montagnes, avec dix-huit bataillons et huit escadrons, renforcés par six bataillons de la réserve, en laissant très-peu de monde à Freudenstadt et sur le Rniebis. Desaix , avec les divisions Beaupuy, Delmas et la réserve, formant ensemble vingt-un bataillons et quarante -sept escadrons, reçut l'ordre d’avancer un peu plus tard sur la route dite Bergstrasse d'attaquer le village de Malscli , et d'établir six bataillons derrière OEtigheim, pour garder les passages du Pfederbacli.
D'après les dispositions de Y Archiduc , une colonne de dix bataillons et cinq escadrons, sous le général Kaim , fut destinée à s'avancer de Herrenalb contre Gernsbach , à forcer ce poste , et à se tourner ensuite contre Baden. Une autre , de treize bataillons et vingt-neuf escadrons , sous le commandement du général Sztarray, devait tomber sur Kuppenheim, en suivant la route dite Bergstrasse , tandis qu’une troisième , de neuf bataillons et vingt-liuit escadrons , s'emparerait d'OEtigbeim et de Bettigheim , sur la chaussée du Rhin, et
(T OM. a, pa«r. lf, i ).