CHAPITRE VII
s’avancerait contre Rastadt. Les deux dernières ne devaient attaquer qu’après l’arrivée de la première à Gernsbach. Une petite colonne de trois bataillons et quatre escadrons , destinée à les lier constamment, avait ordre de marcher à leur hauteur entre le Rhin et la route qui suit le pied des montagnes , dans la direction de Leiberstung , pendant leur mouvement sur Bühl et Stollhofen.
L’ordre de bataille des troupes destinées à passer la Murg était formé , ainsi qu’on le voit au tableau ci-contre.
Pour favoriser cette manœuvre , le général Lindt reçut l'ordre de marcher de Pforzheim , sans grosse artillerie , avec six bataillons , quatre compagnies de chasseurs, et la cavalerie légère du corps saxon , par la vallée de l’Enz, sur Sprolenhof , vers Urnagold, et de prendre position entre ce dernier endroit et Besenfeld , afin de menacer le flanc gauche du corps ennemi à Freudenstadt , soutenir la première colonne par Raltenbrunn, et couvrir sa retraite au besoin. Un bataillon et quelque cavalerie devaient être laissés dans ce village par le général Kaim , pour échelonner les Saxons. Deux bataillons de ces derniers reçurent l’ordre de suivre le long de la IVagold, sur Calw, un parti de cavalerie lé-
l\l HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1796.
gère , dont la mission était de répandre Je bruit de la marche d une colonne sur cette route.
En comparant les dispositions des généraux en chef, on s’aperçoit que celles de Moreau sont les mieux combinées. L'Archiduc aurait dû rebaser son aile droite, et concentrer le gros de ses forces entre 1 Enz etl'Alb, de manière à s’assurer l’avantage et à se ménager, au pis aller , une retraite moins dangereuse sur Pforzheim.
Les deuxième et troisième colonnes avaient trop d infanterie; car rien ne pouvait se décider dans la vallée du Rhin; elles auraient dû se borner à y amuser l'ennemi ; mais le moindre échec qu'il eût essuyé dans les montagnes , sur l’Alb ou 1 Enz , leur ouvrait au contraire sur Pforzheim une route plus directe que n avait l’Archiduc pour s’y rendre. D'un autre côté, une victoire sur ce point, aurait forcé Moreau à se replier dans la vallée du Rhin.
Conformément au plan arrêté , le corps saxon devait soutenir l attaque de la première colonne, en se portant sur l'Enz; mais l'Archiduc n’avait pas assez étudié le caractère du général Lindt qui le commandait, et fit trop peu d'attention au danger d abandonner