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ces Alliés à eux -mêmes. Lindt, vieux, cassé, et de plus très - entier , ne cherchait qu’un prétexte pour tirer l’Electeur d’embarras , et quitter sans doute le théâtre de la guerre avec le contingent. Etait-il prudent d’attendre im effort vigoureux de son zèle? Ajoutez à cela que , par la lenteur de sa marche sur Graben , il avait assez donné de preuves de sa mauvaise volonté. Les ménagemens que l’Archiduc voulait garder envers les Alliés , le décidèrent à les laisser quelques jours dans cet endroit, ce qui exposa le corps de Kaim aux plus grands dangers dans les montagnes de l’Alb.

La position respective des armées , et le plan suivi jusqu'alors par l’ennemi , ne devaient laisser aucun doute à l’Archiduc que l’attaque principale de Moreau n’eût lieu dans les montagnes. Pourquoi ne fit-il pas marcher de suite les Saxons de Graben à Pforzheim , et delà à moitié chemin de Rothensol , où ils auraient été à portée de pousser plus avant , ou de soutenir le général Kaim dans la défense de la vallée de l’Alb ?

Moreau fit mieux , en refusant son aile gauche , et dirigeant ses efforts sur sa droite. Il y aurait encore employé plus de moyens, si la prudence ne lui eût conseillé d’occuper assez

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long-ternps la plaine et les débouchés des vallées , pour retirer ses troupes des montagnes en cas d’échec , et les rallier en sécurité , en présence des Autrichiens , qui s’avancaient dans la vallée du Rhin.

11 s’était encore assuré un autre avantage, en prévenant d’un joui’ l'attaque de l'ennemi.

Saint-Cyr qui devait s avancer dans les montagnes, avait détaché le général Taponnier avec six bataillons et cent cinquante chevaux sur Wilbad , dans la vallée de lEnz , tandis qu’il attaquait lui-même les Autrichiens avec douze bataillons et sa cavalerie. Leur position était très-forte de sa nature; un avant-poste occupait Lofenau; le corps principal appuyait sa gauche près de Tobel , à une vallée escarpée et profonde , formée par un ruisseau qui descend du mont de Tobel; le centre sur la crête escarpée du Rothensol, et la droite composée de trois bataillons, couverte par le ravin de Frauenalb, contre Moosbrunn. Cette position n’était accessible que par la route de Herrenalb , et quelques chemins pour ainsi dire impraticables, à travers des montagnes boisées. Saint-Cyr éprouva, le 9 à midi, une vive résistance ; mais enfin Lobenau et Herrenalb furent • cédés par les avant-postes ennemis :

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