‹ Vol. 2Chapitre 77 sur 157 · CHAPITRE YII» l · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII» l

alors il fit attaquer le Frauenalb par trois bataillons, afin de tourner le flanc de la position centrale de Rothensol, contre laquelle il avait l’intention de se porter lui-même de front avec neuf bataillons. Mais attendu que cette entreprise était délicate , il prit le sage parti de fatiguer les Autrichiens , par des attaques réitérées, aux points où sa supériorité numérique et la nature du terrain les favorisaient. 11 répandit donc trois bataillons en tirailleurs, et attendit avec une x éserve de six autres , 1’instant de porter le coup décisif.

Si les Autrichiens avaient tenu le gros de leurs troupes sur le plateau , et envoyé seulement des piquets de tirailleurs au-devant des Français; qu’ils se fussent bornés à défendre leur position, et à tenir une réserve prête à repousser l’attaque principale, ou à la tourner, vraisemblablement ils n’auraient pas été délogés , malgré qu’il n’y eut que six bataillons à Rotlienéol. Mais après avoir repoussé quatre attaques vigoureuses , ils se débandèrent trop dans la poursuite au pied de la montagne , où le‘ terrain est boisé.

Saint-Cyr profita de cette faute , en abordant pour la cinquième fois la montagne en colonne serrée , pendant qu'on pressait plus vivement Frauenalb. Ce village fut forcé, et le3

146 histoire de la campagne de 1796.

trois bataillons de l’extrême droite des Autrichiens séparés du centre; ce qui permit aux Français de s'avancer dans le ravin de

Frauenalb , contre la droite formée près de Rothensol.

Les Autrichiens ne résistèrent pas à ce choc ; ils furent mis en désordre , culbutés , et précipitèrent leur retraite jusqu’à la tuilerie de Nibelsbach, sur la route de Pforzheim. Leur perte fut considérable; ils abandonnèrent deux pièces aux vainqueurs. Les trois bataillons de la droite se retirèrent sur Spielberg , d’où ils couvrirent les débouchés de la vallée de l’Alb à Etlingen.

Un détachement de hussards , qui précédait la colonne du contingent saxon, en marche pour sa destination , ayant rencontré un parti de l’avant-garde de Taponnier, apprit à Lindt l’issue malheureuse de l'affaire de Rothensol ; mais au lieu de voler au secours des Autrichiens, ce général s’en retourna à Pforzheim.

A midi précis , Desaix se mit en mouvement , dans la vallée du Rhin, avec six bataillons et un régiment de cavalerie. Ces troupes étaient soutenues par le reste de sa colonne, et devaient attaquer Malsch, occupé parles troupes légères des Impériaux. Au même moment , une fusillade très-vive se fit entendre sur la chaîne

Page 1