CHAPITRE VU I. 1Ô
chacun ne songe qu a la défense de son poste ; personne n’a de confiance dans l'ensemble du système ; aussi ne clierche-t-on qu’une occasion pour se tirer d’embarras» C’est ce qui arriva ici. Dès que Wernek apprit l’enlèvement de Runkel , bien qu’il lui fût aisé de le reprendre de Limburg, il inféra que les sien9 avaient éprouvé des pertes considérables sur la haute Lalin , et craignit le danger d’être tourné , prétexte assez plausible pour ne pas se commettre. En conséquence , il rétrograda le 7 , avec 1 5 bataillons et 34 escadrons jusqu’à Nauheim, où il prit position sur les hauteurs de la barrière, plaçant ses avant-postes entre iWilmar et Katzenellnbogen.
Cette retraite prématurée décida successivement celle de tous les postes sur la Lalin. La même nuit , 3 bataillons et un escadron se portèrent d’abord de Weilburg à Græfenwiesenbach , et le lendemain à Usingen. Neuf bataillons et autant d’escadrons se dirigèrent de Wezlar sur Butzbach, et campèrent le 8 à Niedermoerle devant le défilé de Friedber^. Les
troupes des environs de Leunen se réunirent à la colonne du général Kray , qui s’avancait de Giessen ; en sorte que celui-ci s’établit , comme arrière-garde, avec 1 1 bataillons et 3a escadrons, sur les hauteurs en avant de Poil-
I 64 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1 -9 6. ganz. La colonne de Lennen fut la seule inquiétée par lavant -garde de Bonnard. Les coureurs de Collaud passèrent la Lahn près de Wezlar, et poussèrent jusqu à Aiederklee; mais les deux divisions restèrent dans la position de la veille.
Lefebvre marclia sur Giessen, et fit poursuivre les Autrichiens par ses troupes légères seulement : Championnet passa la Lahn près de "Weilburg, et se porta en avant de la ville. L aile droite , qui aurait dû s'avancer la première , ne bougea pas. Si Jourdan , après avoir commis la faute de renforcer et de déployer l'aile gauche , eut réuni promptement à Limburgles divisions Championnet, Grenier, Bernadotte et Poncet , il aurait sans docte passé la Lahn au plus tard dans la matinée du S, et attaqué l'ennemi le même jour: mais il laissa échapper , par sa lenteur , celte occasion de prévenir Wartensleben sur le Mein.
Wernek informé que l'aile droite se repliait sur Usingen et Friedberg , laissa son arrièregarde jusqu'au jour à Aauheim, et poursuivit sa marche sur Esch, dans la nuit du 8 au g. Il fut suivi par la division Championnet, dont la cavalerie de réserve prit la tète au débouché de la plaine de Camberg. Dix régimens tombèrent sur 1 arrière-garde autrichienne, la cul-