CHAPITRE II. I rj
courir réciproquement, et se trouvaient en même temps trop éloignées du centre , pour en être protégées par la réserve qu’on y eût placée. Ainsi dans tous les cas, c’est aux environs d’Offenburg, point central entre Bâle et Philipsburg , vis-à-vis duquel se trouvent les passages les plus favorables de l’ennemi , et le débouché des grandes communications de la Forêt-Noire, qu'il aurait convenu de placer l’armée du Haut-Rhin. Celle du Bas-Rhin eût été bien postée entre la Sieg et la Lahn; delà chacune d’elles pouvait, selon l’occurrence, prendre l’offensive , ou repousser les attaques de l’ennemi.
Les considérations qui forçaient l’armée impériale à rester sur la défensive , et qui en faisaient dépendre la durée des chances d’une manœuvre ou d’une bataille, engageaient au contraire la France à prendre l’offensive ; la possession d’un établissement solide sur la rive droite du Rhin l’y excitait, car la tête de pont de Düsseldorf lui donnait la facilité de disposer de toutes ses troupes pour une attaque. Ses propres frontières se trouvaient d’ailleurs couvertes par les garnisons des places fortes. La faiblesse des extrémités de la ligne autrichienne ajoutait encore un nouveau poids à ces motifs. La totalité des forces françaises pouvait
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prendre l’offensive sur le Bas-Rhin; il leur était encore possible de débuter par le passage de ce fleuve vers la partie supérieure de son cours , ou enfin d’attaquer sur ces deux points à la fois.
L’offensive semblait, au premier abord , plus aisée à prendre sur le Bas-Rhin , où les Français se trouvaient déjà établis , que sur le Haut-Rhin, où le passage de ce fleuve devait s’exécuter de vive force , et où l'armée avait à traverser la Souabe , pays montagneux , sans routes praticables. Mais si cette direction présentait plus de difficultés , elle était aussi plus décisive , en cas de succès , vu qu elle menait directement à la principale communication des Autrichiens sur le Haut-Ne cher et le Danube.
Soit que l’on employcât tout ou partie des forces à l’exécution de ces divers projets , ils avaient l’inconvénient d’exiger beaucoup de temps pour leurs préparatifs , et sur-tout pour la réunion des troupes ; ce qui pouvait en faire pénétrer le but d’autant plus aisément , que les quartiers-généraux des deux armées françaises étaient fort éloignés, et séparés par le corps autrichien établi sur la rive gauche du Rhin.
Cette circonstance , jointe au désir de prendre l’ennemi au dépourvu, en ne lui lais-