CHAPITRE VI II
Bergen , en avant de Francfort ; ses avantpostes sur la Nidda. Wernek se porta à Bockenheim. Le 1 1 juillet, les Autrichiens passèrent le Mein sur les ponts de Kostheim, Rüsselsheim, Francfort et Olfenbach. Wernek fut détaché à Aschaffenburg.
Les trois divisions qui avaient combattu à Friedberg, s’établirent avec l'aile droite àOber- Rosbach, et la gauche sur la Wetter,prèsd’Assenheim. Bonnard resta en réserve derrière le centre. Les avant-gardes furent poussées à Ober-Wildstadt , Nieder-Rosback, Assenheim, Wickstadt et Nieder-Florstadt.
Grenier arriva le 10 à Homburg; Championnet et Bonnaud , près de Kœnigstein; Dauriez gagna Schwalbach , et Bernadotte Neuhof , après avoir chassé l’ennemi de Wisbaden. Ces différentes colonnes rencontrèrent des détachemens de l’arrière-garde autrichienne , avec lesquels ils escarmouchèrent.
L’armée resta le 11 dans sa position; seulement la division Championnet tourna Koenigstein pour en couvrir le siège. C’est un château sur un mont assez escarpé , au pied duquel passe la route qui , de Limburg conduit par les montagnes dans la plaine de la Nidda , par-delà Francfort. Sa grande élévation
et son exiguité, qui ne permet pas d'y renfermer plus de 600 hommes, ne le rendent redoutable, ni par son feu, ni par ses sorties, à l’ennemi qui passe à son pied. Les Français commencèrent à le canonner vivement , puis à le bloquer; enfin ils lui coupèrent l’eau. Sa garnison se rendit le 2a, après plusieurs sorties infructueuses pour s’en procurer ; elle eut la liberté de rejoindre l'armée.
L’affaire de Friedbergest aussi remarquable sous le rapport de la Stratégie, que sous celui de la Tactique. Les généraux des deux partis commirent des fautes , tant dans la combinaison que dans l'exécution de leurs'projets. L intérêt de Jourdan était de repousser l’aile gauche des Autrichiens , et de les éloigner de la route de Francfort, comme delaligne de communication la plus courte et la meilleure avec l’Archiduc. 11 aurait mieux fait de laisser plus long-temps leur aile droite où elle se trouvait ; tous ses efforts même devaient tendre à l'y retenir par des démonstrations ou une retraite simulée, jusqu’à ce qu'il eut achevé sa manoeuvre. Il y serait parvenu directement en chargeant Kleber de menacer Usingen ou Homburg; mais il devait bien se garder de forcer Wartensleben à la retraite , lorsque le chemin de Francfort lui était encore ouvert ,