CHAPITRE IX. l
tans à l’ouverture de la campagne, furent réduites à cette époque, à i3o mille, garnisons comprises. Cet affaiblissement parut d’autant plus sensible , qu’il n’était pas en proportion
avec celui des Français.
Les places du Rhin ne fermaient aucun passage dontl occupation leur fût rigoureusement nécessaire; ils n’employèrent pas même pour les bloquer autant de troupes qu’elles en contenaient, et communiquèrent toujours directement de l’intérieur avec les armées actives. Les routes de Limburg et de Kehl au Danube , étaient trop éloignées de ces places, pour que les partis qui en seraient sortis pussent les intercepter; il aurait fallu d’ailleurs y laisser plus de cavalerie. A la vérité , les garnisons de Mayence et de Mannheim pouvaient combiner une opération particulière; mais , trop faibles par elles-mêmes , le grand espace qui les séparait, ne leur permettait d’entreprendre rien d’important , bien que la dernière ne fut cernée que par de la cavalerie.
Les généraux français apprécièrent si justement la situation de leurs adversaires , que Moreau n’employa que 3 bataillons et 2 escadrons pour observer Philipsburg et couvrir la vallée du Rhin contre ses partis; il ne daigna pas même investir Mannheim. Jourdan dans a.
la suite , ne laissa que 26 mille hommes pour faire les blocus de Mayence et d Ehrenbreitstein, très-distans l'un de l’autre.
L’Archiduc dans l'impossibilité de rétablir l’équilibre entre ses forces et celles de l’ennemi , en tenant ces places, dut chercher à atteindre ce but d'une autre manière, ou renoncer entièrement à changer la tournure des affaires. Pénétré de cette vérité , il esquissa à Pforzheim le plan de ses opérationsultérieures. Ce plan consistait à disputer le terrain pied à pied , sans recevoir de bataille ; à profiter de la première occasion pour réunir ses troupes jusqu alors divisées j et se jeter avec supériorité , ou au moins à forces égales 3 sur une des deux aimées ennemies ( i ).
(1) Ce plan était incontestablement le plus convenable dans l’état actuel des choses ; mais nous avons déjà observé plus haut, que le prince Charles aurait pu éviter cet:e longue retraite en opérant à propos avec des moyens suffisans contre l’armée de Rhin et Moselle; nous ajouterons encore , que ses belles combinaisons n’auraient pas eu lieu, si les armées françaises avaient pris, dès le principe, une direction concentrique entre le Mein et la gauche du Danube, vers Nœrdlingen , ou même plus tard, de Nürnberg et de Donauwerth sur Ratisbonnc, au lieu de courir l’une sur le Naab et l’autre sur le Lech.