‹ Vol. 2Chapitre 97 sur 157 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Ce projet semblait le mieux conçu et le plus prudent; mais la réussite n’en était assurée , qu’autant qu’on parviendrait à arrêter une des armées ennemies , à rompre l’accord de leurs mouvemens, et à les empêcher de s’avancer simultanément. L’Ârcliiduc se décida , en conséquence, à opposer la plus grande résistance à Moreau , tant parce que sa marche vers le Danube l'inquiétait le plus , que parce qu’il voulait s’assurer de ce fleuve , comme pivot de ses opérations, et ligne de retraite naturelle vers l’Autriche. Il espérait encore rapprocher les deux armées impériales peu à peu dans leur retraite , afin de les réunir en quelques marches forcées , sans que l’ennemi , attentif à empêcher leur jonction , pût s’y opposer. Or , une pareille manoeuvre ne pouvait s’exécuter qu’à proximité du Danube ; car l’Arcliiduc n’osait s’éloigner de ce fleuve avant la bataille décisive , afin que si la fortune venait à se déclarer contre lui , il pût toujours rester maître de ses rives, ou se retirer au pis-aller sur la droite pour se raprocher de l’Inn. U devait sur-tout attacher un grand prix à celleci , parce qu elle lui conservait la communication avec l’Italie , qu’une retraite sur la rive opposée lui aurait nécessairement fait perdre.

On ne pouvait prévoir l’époque du développa

)8o niSTOIRE DE LA CAMPACNE DE 1796.

pement de ce plan. L’ennemi joignait à l’avantage de la supériorité, celui de l'offensive. Les manœuvres des Autrichiens , qui se retiraient en nombre inférieur, étaient nécessairement subordonnées aux siennes : il n’appartenait qu’à la sagesse et à la persévérance d’amener le moment favorable de l’exécution , et à l’énergie de le saisir.

Ajoutons tpie si les généraux français avaient la conviction que 1 Archiduc jugeât bien de leur situation et de leurs moyens ; de son côté celui-ci devait présumer qu'ils mettraient tout en œuvre pour l’empêcher d'atteindre son but sans renoncer au leur, étant favorisés par la supériorité du nombre et les derniers avantages obtenus.

L’Archiduc se trouvait encore à Pforzheim, lorsque Wartensleben se retira sur la rive gauche du Mein , et établit une partie de ses troupes aux environs d Aschaffenburg. Cependant , comme il y avait entre eux un intervalle de trente-six lieues, le Prince ne pouvait conserver sa positi on, qu autant que Moreau ne menacerait pas le ÎSecker supérieur et le Danube.

D'un autre côté, s il faisait une imprudence de l’abandonner pour se rapprocher de "Wartensleben , il n'y en aurait pas moins eu d’attirer ce corps à lui , car en marchant vers le Danube

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