CHAPITRE IX
avant que ce dernier fût arrivé à Pforzheim , il l’exposait à tomber entre les deux armées ennemies. L’intérêt des Français était de prolonger cet état de choses, pour obliger leurs ennemis à se retirer dans une direction tou> jours divergente.
Ce plan eût été exécuté en partie , si Moreau marchant vers le haut Danube immédiatement après la bataille de Malsch , avait par cette manœuvre , forcé l’Archiduc à s’y retirer en toute diligence; et que Jourdan eût amusé pendant ce temps Wartensleben près de Francfort. En effet, on ne saurait nier que si les opérations de ce Général avaient eu pour objet de gagner le flanc gauche de son adversaire, de se rapprocher du Danube , et par conséquent de l’armée de son collègue, le Prince ne se fut trouvé dans l’impossibilité d’effectuer ses projets. Alors sans doute, la campagne aurait eu les résultats les plus brillans pour les armes françaises.
Heureusement pour l’Autriche , un seul Général commandait ses deux armées, et ses adversaires étaient indépendans.
Les Impériaux employèrent le séjour de Pforzheim à approvisionner les places, et à mettre en sûreté leur parc d’artillerie et leurs magasins , accumulés en grande partie à Heilhronn et dans les environs.
182 histoire de la campagne de 1796.
Le 11 juillet, les Français se contentèrent de repousser les avant-postes de Carlsruhe et Dur! a cli jusqu à Sollmgen , et d escarmoucher les deux jours suivans près d’EImendingen et Bii’kenfeld. Cependant Moreau avait entièrement nettoyé la vallée de la Kintzig, et ouvert cet important débouché.
Les débris du contingent de Souabe se retirèrent le 5 à Hornberg, après la prise de Freudenstadt. Le prince de Condé se porta à lillmgen pour occuper Je principal débouché de la vallée de la Kintzig, et couvrir la retraite des Autrichiens qui se trouvaient encore sur le haut Rhin. Plus loin à Hausach et Haslach, il ny avait qu un détachement de troupes légères; le corps de Froehlich tenait la vallée du Rhin. Cependant le général Jordy, qui était resté sur la rive gauche du fleuve , Payant franchi près de Noneuweiler, vint, le 11, attaquer vainement Haslach. Moreau voyant que sa tentative avait échoué, ordonna à la division Duhesme de se porter de Freudenstadt sur Alpiersbach , Schiltach et Wolfach, pendant que la première division de l aile droite s avancerait dans la vallée du Rhin , et que la seconde arriverait de front sur Haslach, dans celle de la Kintzig.
L attaque eut lieu le 14 juillet. Les Autri-