CHAPITRE XII. 2l
La totalité des forces sous les ordres de Latour, compris les renforts arrivés de l'intérieur vers la fin de septembre, se trouvait de 37,000 combattans , savoir : le corps sous ses ordres immédiats, avec l’avant-garde de i5 bataillons et 24 escadrons, faisant io,3oo hommes d’infanterie et 3,3oo chevaux; la division intermédiaire de Mercantin, y compris le corps de Condé , forte de 7 bataillons et 1 g escadrons , ou 6,5oo fantassins et 3, 100 chevaux; et l’aile gauche sous Froehlich, de i5 bataillons et 17 escadrons , comptant 1 1 ,000 hommes et 2,700 chevaux : 3 bataillons et 2 escadrons de celle-ci , formant 2,800 hommes, appartenaient à l’armée d’Italie, et ne devaient pas s’éloigner du Vorarlberg, afin de pouvoir se porter, au premier ordre , dans le Tyrol méridional.
Nauendorf avait indépendamment de Latour, 8 bataillons et3o escadrons, ou 5, 800 hommes et 3,700 chevaux; et Petrasch, 9 bataillons et 11 escadrons, ou 5,5oo hommes et 1,100 chevaux. A la vérité , toutes les forces de ce dernier se trouvaient dispersées , tant à Kehl que sur le Kniebis et à Freudenstadt , Horb et Tübingen ; on pouvait donc rassembler alors plus de 40 mille hommes à l’entrée de la vallée de la Kintzig, et s’y opposer au Général français établi au point décisif de la Forêt Noire;
2l6 histoire de la campagne de 1796.
on sent qu'ils auraient eu une grande supériorité : mais disséminés et presque perdus dans un cercle immense qui entourait l'armée française concentrée, ils furent dans 1 impuissance d opérer avec ensemble et vigueur sur des rayons aussi divergens.
La mésintelligence des Généraux perdit tout : Nauendorf prit le chemin d’Urach et de Tiïbingen; Latour fidèle à son malheureux système, resta sur la rive droite du Danube. Cependant , quoiqu'il eût choisi la meilleure direction , Nauendorf commit une grande faute, en courant ainsi isolément et loin de l'armée. Petrasch avait sans doute assez de monde pour inquiéter l’ennemi par des partis ; mais comme il devait laisser des troupes de sa division pour observer Kebl , on 11e pouvait guères rassembler, par la réunion des deux corps, plus de dix à douze mille hommes sur un point; ce qui n'était pas, à beaucoup près , suffisant pour en imposer à l’ennemi et l’arrêter. Latour au contraire, se trouva découvert par le départ de Nauendorf, et affaibli de 9,5oo hommes , dans l instant critique où l'ennemi s’approchait.
Dès que Nauendorf vit qu il ne pouvait décider Latour à coopérer à son plan , il devait y renoncer, et tout employer pour empêcher la {festruc tion du corps principal ; car une réunion