CHAPITRE XII
de forces dans une fausse direction , est moins dangereuse qu’une dissémination danslabonne, qui les paralyse toutes.
Moreau manoeuvrait touj ours dans une fausse direction , mais sans grand désavantage ; parce qu’il avait ses forces réunies , tandis que ses adversaires étaient dispersés. Cette concentration continuelle , pendant sa retraite , fut 1a. cause principale des éloges qu’il s’attira.
Les Autrichiens entrèrent à Ulm, aussitôt que Desaix l’eut abandonné. Baillet se porta le 2 7 avec l’avant-garde, jusqu’à Gœcklingen et Delmesingen; Latour à Illerdissen, et le 28, à Laupheim : ses avant-postes furent placés le même jour , entre Warthausen et Eliingen : Mercantin arriva à Ochsenhausen. Au lieu de s’avancer avec la droite sur le Danube, d’attirer le général Mercantin à lui, et de refuser sa gauche , Latour se rendit à Biberacb , dans la vue de rejeter l’ennemi vers Stockach et sur la Suisse. Le 29, l’avant-garde de Baillet arriva à Biberach , après un léger combat qui la mit en possession de ce point , et des hauteurs en avant de Groth.
Latour prit position à Biberach. Supposant la gauche de l’armée française en retraite derrière le lac , il se borna à détacher vers Ablen , 4 escadrons et quelques compagnies , pour
assurer son flanc droit entre le Federzée et le Danube , et observer la route de Riedlingen à Biberaeh. Mercantin fut envoyé à Mülilhauseu , et Frœhlich reçut ordre de porter 3 bataillons à Wolfegg , pour soutenir l'attaque principale.
Moreau ne bougea pas le 3o. Les Autrichiens étaient si persuadés que l'aile gauche de son armée rétrogradait, qu'ils perdirent entièrement de vue le véritable état des choses; leurs avant-postes ayant cru apercevoir des préparatifs de retraite, l'ordre de l'attaque fut donné. L'avant-garde , sous Baillet , devait prendre la route de Schussenried. Le détachement de l’autre côté du lac, marcha sur Ablen, tandis que Mercantin se dirigeait de Mühlhausen sur Aulendorf.
A peine Baillet s’était rapproché de Schussenried par Steinhausen , que le centre de l'armée française sous Saint-Cyr, le repoussa sur les hauteurs en avaut de ce dernier endroit, où Latour vint le soutenir avec une partie de ses troupes. Après un vigoureux combat, les Autrichiens conservèrent cette position.
La droite des Impériaux ne put savaucer beaucoup au-delà d’Ahlen; car elle fut rencontrée par Desaix, qui la repoussa également: elle se rallia derrière ce village. Latour pour