CHAPITRE XII
la soutenir, détacha alors une partie de ses troupes à Schaflangen, tandis qu’il marchait avec l'autre sur Steinhausen. Mercantin qui avait en tête des forces supérieures, ne put arriver qu’à Michelwinaden.
Après le combat, Latour établit ses troupes comme il suit : l’avant-garde , de 6 bataillons et demi et 12 escadrons , faisant 3,768 hommes et i,436 chevaux, formait alors sous Baillet , en avant de Steinhausen , le centre dont le flanc droit paraissait couvert par un marais impraticable jusqu’au lac. L’aile gauche commandée par Mercantin, de 7 bataillons et demi et 19 escadrons, compris le corps de Coudé, présentant un effectif de 6,674 hommes d’infanterie, et 3,627 de cavalerie, occupait Winterstætten, et s’étendait derrière Holzreute. Le Général en chef avec une petite réserve de 3 bataillons et deux escadrons montant à 1,964 hommes et 266 chevaux , resta sur la hauteur de Groth ; sa droite , sous le général Kospoth , forte de 6 bataillons et 10 escadrons, ou 4,664 hommes et 1,462 chevaux, occupait Schaflangen. Cette division devait garder les bois d’Ogeltshausen et Seekirch, couvrir toutes les routes de la rive droite du lac à Biberach, et soutenir le détachement poussé contre Ahlen. Une telle position était également mauvaise , soit pour l’offenv
sive, soit pour la défensive. Le corps autrichien , déjà trop inférieur à l’armée française, se trouvait encore divisé en deux parties dont chacune donnait prise sur ses flancs, avait à dos le défilé de la Riss , et ne pouvait se retirer queparBiberach.N'étantpasàla même hauteur, elles avaient de plus le désavantage de ne pouvoir se réunir sur aucun point central; car pour se prêter un mutuel secours, elles eussent été forcées d’ouvrir à l’ennemi le chemin de Biberach; enfin la retraite de l'une, entraînait nécessairement la perte de l’autre.
Le ier octobre, les deux Généraux restèrent dans les positions de la veille. Malgré que Latour fût instruit de la supériorité de l’ennemi, et que le combat du jour précédent lui eût prouvé qu’il ne songeait pas à se retirer, il ne profita pas de ce séjour pour rectifier sa position et concentrer ses troupes. Il connaissait les intentions de l’Archiduc , que favorisaient encore la station de l’armée française en Souabe , et loin de rien faire pour accélérer sa retraite , il aurait dû au contraire chercher à amener des troupes fraîches à son Général; pour cela, il fallait éviter avec soin de combattre, ce qu’il pouvait aisément en prenant une bonne position en arrière ; car la situation de Moreau ne lui permettait pas de