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CHAPITRE XIII

les deux corps autrichiens isolés , sur la gauche du INecker, pour tomber ensuite sur l’Archiduc , le battre et rouvrir la communication avec Kehl. Alors la situation de ce dernier aurait été plus désavantageuse qu’ après la bataille de Malsch; car ses forces se trouvaient plus dispersées , et sans liaison dans un grand cercle autour de l’armée française qui était massée sur la ligue la plus courte du Danube.

On peut reprocher à F Archiduc , trois fautes principales , après que l'armée de Sambre et Meuse eut repassé le Rhin et fut retirée sous Düsseldorf. D’abord c’est d’avoir laissé plus de 3a mille hommes sur le bas Rhin, g mille à Mayence et à Mannheim ; et de ne s’être porté sur le haut Rhin qu’avec 12 mille hommes d infanterie et 4 mille chevaux ; car si Jourdan avait pu reprendre l’offensive , après quelques jours de repos , 32 mille hommes ne suffisaient pas pour le retenir , et c’était trop pour l'observer. 11 ne fallait que 20 mille hommes pour former une chaîne de postes sur la W ipper et le Rhin. En cas d’attaque sérieuse , ce corps se serait jeté dans Mayence et Mannheim pour en compléter les garnisons , et l'Archiduc aurait eu 12 mille hommes de plus pour opérer sur le haut Rhin , où le sort de la campagne devait se décider. 11 dispersa encore }es 16

mille hommes avec lesquels il s’était mis en marche, laissant un détachement dans le Rheingaw et un autre à Mannheim; de sorte qu’il n'arriva sur la Rench qu’avec 9 bataillons et 17 escadrons, formant 8,5oo hommes. A la vérité , les troupes restées à Mannheim coururent dans l’Alsace vers Strasbourg; mais ces incursions n’étaient qu’une misérable diversion exécutée par quelques escadrons que Moreau sut apprécier, et qui n’eurent aucune inlluence sur ses résolutions.

Secondement, on peut reprocher au prince Charles, la direction fautive et la lenteur de ses mouvemens dans la vallée du Rhin. Si au lieu de s’affaiblir par des détachemens, il s'était porté à marches forcées de Heidelberg, ou par Pforzheim sur le Necker supérieur , il aurait opéré sa jonction au plus tard le 8 octobre àTubingen, avec Nauendorf et Petrasch. et ces 32 mille hommes eussent opposé des obstacles insurmontables au passage de Moreau dans les montagnes.

Enfin il commit une troisième faute, en ne se rendant pas de sa personne en poste sur le Danube, pour y prendre le commandement, aussitôt qu’il eut terminé ses opérations suide Rhin. La connaissance des hommes , l expérience de tous les siècles, etlesderniers événemens arri-

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