CHAPITRE XIII
vés en Bavière, auraient dû le convaincre qu’on ne peut jamais attendre de résultat heureux d’opérations qui demandent le concert de plusieurs Généraux indépendans. Il est vrai que son éloignement eût démenti le bruit si utile pour lui de l’approche d’une grande armée dans la vallée du Rhin ; mais on ne doit jamais sacrifier la juste combinaison des mouvemens à un avantage si précaire. L’Archiduc cantonna ses troupes pendant sa marche pour fortifier et étendre parmi elles aussi bien que chez les habitans du pays, l’opinion de leur supériorité. Peut-être y avait -il encore d’autres moyens d’entretenir et de propager ce bruit , même dans son absence.
Lorsque Moreau quitta les environs de Biberach , l’Archiduc était encore derrière la Murg, Nauendorf à Echingen, et Petrasch à Schweningen. Les opérations de ces deux corps se trouvaient sans aucune liaison , parce qu’ils s’étaient fort affaiblis par les détachemens qu’ils avaient fournis pour observer Kebl, que presque toute leur cavalerie battait la campagne , et qu’ils tenaient une longue chaîne de postes. Nauendorf resta trop en arrière , ef se contenta d’observer l’ennemi avec des déta-, çliemens; tandis que Petrasch s’avança trop.
et se dispersa en occupant plusieurs postes au débouché des montagnes.
Moreau commença sa retraite le \ octobre. Desaix eut ordre de longer le Danube avec deux divisions de 1 aile gauche, et de couvrir sa marche. Le centre sous Saint-Cyr et Ferino prit la route de Pfullendorf et Stockach. Une faible arrière-garde observa Latour.
Desaix passa le Danube à Riedlingen , se rendit par Scheer à Siegmaringen ; et envoya des détachemens sur toutes les routes qui conduisent au fleuve , pour repousser les partis autrichiens. Le 4 ils les chassèrent de Hettingen et de Gamerdingen : le lendemain , d Ebingen > et se portèrent le 7, vers Friedingen. Les autres corps de 1 armée arrivèrent àlamême hauteur, ce jour-là, et prirent position , la droite à Stockach , et la gauche à Friedingen, sans être inquiétés par les Autrichiens , qui suivirent sur trois colonnes : Latour , par Biberach et Buchau ; Mercantin , par TV interstætten et Renhardsweiler ; Froehlich , par Ravensburg et Markdorf.
Pour préparer et couvrir la marche ultérieure , Desaix poussa contre Villingen , que Petrasch gardait avec peu de monde ; car il avait 3 bataillons détachés à pieustadt et dans la
vallée d’Enfer , 3 à Hornberg pour les recueillir en cas de retraite , et se tenait avec le reste entre Yillingen et RotbweiL
Nauendorf toujours trop éloigné, n’envoya de Scliemberg à ses postes attaqués , que des renforts insuffisans et qui arrivèrent le plus souvent, lorsque l’ennemi avait passé ou s’était retiré.
Le 8 octobre , les Français reconnurent la position de Petrasch, et l’attaquèrent le jour suivant du côté de Scbweningen , pendant que Taponnier tournai t Yillingen par la vallée de la Breg. Les Autrichiens , composés en grande partie de cavalerie , furent culbutés. Ils perdirent deux pièces de canon et plusieurs prisonniers , et abandonnèrent RothweiL Petrasch se retira le même jour à Peterzell et Tunningen ; le 10 , il se porta dans la plaine de la Renz, à Schramberg et Triberg : ses avant-postes restèrent à Krumschiltach. Par ce moyen il s’assura l’entrée de la vallée de la Kintzig, et fut certain de se joindre à l’Archiduc. Nauendorf couvrit alors son flanc gauche après avoir enfin délogé le g le poste français de RothweiL
Latour arriva le 8 à Ostrach, et le 9 à Mœsskirch, où il se réunit à la. colonne de Mercantin , et établit le corps de Coudé à Scherneck pour rester en communication avec Froehlich,
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qui s’avança sur Bondorf, et mit ses avantpostes à Stockach. Ces derniers eurent quelques escarmouches avec les Français qu'ils suivirent pied à pied. Toute l'armée dirigea sa marche vers Neustadt , et il n’y eut que Thareau avec les troupes de l’extrême droite , qui cotoya les bords du lac de Constance, pour gagner Huningue parles villes forestières. Déjà Moreau avait dirigé par Tengen et Stiihlingen, sa grosse artillerie, ses équipages et ses trains, sous l'escorte de 3 bataillons , se débarrassant ainsi de tout ce qui pouvait entraver ses mouvemens.
La marche de Neustadt à Freiburg fut trèsbien ordonnée. Lorsque le terrain se resserra, Saint-Cyr reçut l'ordre de s'avancer avec le centre , et de culbuter tout ce qui s'opposerait à sou passage dans le défilé , pendant que les deux ailes se joindraient et couvriraient sa marche et les avenues de la route. Saint-Cyr partit le 11 de Neustadt, et fit attaquer par son général d'avant-garde, Gérard, les Impériaux restés dans la vallée d’Enfer , qui ne s’étaient pas retirés à Elzach , suivant l’intention de leur Général. Plusieurs petites colonnes les abordèrent: lime déliés les délogea du poste de Saint - Mergen , pendant qu'une autre suivait le chemin d Albersbach à
Kirchzarten et Freiburg. La résistance ne put «tre opiniâtre. Les détachemens autrichiens cédèrent et furent assez heureux pour gagner la nuit suivante Freiburg et Emmendingen , où ils furent recueillis par les partis , qui ayant Couru jusqu’alors dans la vallée du Rhin , s’étaient reunis sur l’Elz. Saint - Cyr suivit son âvant-garde, et prit, le 12, position en avant de Freiburg.
Tandis que le centre continuait sa marche par la vallée d’Enfer, Desaix et Ferino se rapprochèrent de Neustadt. Le 1 1 , les postes de la gauche se retirèrent sur Villingen et Mühlhausen , et après de légers engagemens abandonnèrent Haltingen/Futtlingen etMoehringen. Froehlich marcha surEngen et occupa Blumenfeld , Tengen , Komingen et la hauteur de la maison de péage.
Moreau avait destiné la droite à former l’arrière-garde. Le 1 2 , Yillingen fut évacué. Desaix avec le gros de ses troupes se porta par Donau- Eschingenà Neustadt, et détacha une colonne de 5,ooo hommes sur la route de Voehrenbach à Elzach , pour couvrir la marche de l’armée ; mais 4 bataillons venus de Triberg Fayant prévenue sur ce dernier point, elle fut obligée de s’y rendre par Waldkirch. Ferino se porta par Loeffingen à Neustadt.
Les Autrichiens suivirent les Français de tous côtés , et Latour chercha à regagner, par des marches forcées , ce que lui avait fait perdre la bataille de Biberach. Le 12 , les avantpostes de Nauendorf et de Petrascli furent placés à Villingen, Latour s’établit à Gutmadingen, ses avant-postes à Fürstenberg et Donau- Eschingen, Frœhlieh à Leipferdingen et Blumenfeld.
Du i3 au i5 octobre , 1 armée française traversa la vallée d'Enfer, etFerino forma l'arrièregarde. Ce passage se fit sans être inquiété , parce qu il s'opéra des changemens dans les dispositions des différens corps autrichiens.
Certain maintenant de la direction de l'ennemi dans la vallée du Rhin , l’Archiduc ne douta plus qu il n'y eut bientôt une bataille décisive , et que Moreau n’employât toutes ses forces pour percer vers Kehl. Il ordonna en conséquence àLatour etPetrasch de se joindre à lui en toute diligence par les vallées de 1 Elzach ou de la Kintzig, pendant que rsauendorf couvrirait leurs mouvemens , en attirant les détachemens qu’il avait dans les montagnes. De sou côté Frœhlieh céda à Latour une partie de ses troupes , et poursuivit l’ennemi avec le reste dans la vallée d'Enfer et les villes forestières. L’Archiduc se rapprocha de la Kintzig, chose