CHAPITRE XII I
qu'il n avait pas osé avant d'être bien informé de la direction que prenaient les Français.
Alors on forma 1 investissement de Kebl , et tous les postes environnons furent fortement occupés pour être à l’abri des sorties. En se portant sur le haut Rhin , les Autrichiens devaient assurer leur retraite, parce qu’on supposait naturellement, et les bruits publics venaient à l’appui de cette conjecture , que Beurnon ville avait mis en marche une partie de son armée pour secourir celle de Rhin et Moselle, en débouchant par Kebl. Les troupes laissées a Mayence et Mannheim, étendues jusques à la ]\alie, l’Alzens et la Queich, défendirent ce cordon par nombre de petits combats : elles annoncèrent aussi le départ de 4 divisions de 1 armée de Sambre et Meuse se dirigeant par Massenheim et Kussel , vers le haut Rhiu ; et la profonde tranquillité qui régnait sur 1 Agger et aux environs de Neuwied , donna plus de poids à ces rapports.
Dans la position oùl Archiduc se trouvait, il n avait d autres mesures à prendre que celles dont nous venons de parler; cependant la réussite en était fort douteuse , car Petrasch quittait à peine la plaine de Benz que Saint-Cyr était déjà arrivé à Freiburg ; et les Autrichiens avaient à peine assez de troupes dans la vallée du Rliin
pour tenir tête à une seule division. Quand un General se trouve sans le savoir dans une position si critique , cela suppose toujours des erreurs très graves dans le calcul des mouvemens et la répartition des troupes.
Lorsque Petrasch reçut l’ordre de l’ Archiduc , son avant-garde était déjà près de Yillingen. 11 fit partir aussitôt pour Eltenlieim , dans la vallée du Rhin , les bataillons envoyés à Elzach , les releva par d’autres qui devaient les suivre plus tard, et marcha lui-même avec le reste de sa division par Hornberg, en laissant garnison dans Triberg.
Le i3 octobre, Latour se porta à Donau-Escliingen , dès qu’il eut avis de sa nouvelle destination. Le prince de Condé était à Hauseu , et l’avant-garde en avant de Hiifingen.
Le 14, Latour couvert par le détachement de Triberg, marcha en toute diligence par Villingen et Hornberg. Le même jour Froelilich et Condé se réunirent à Donau-Eschingen.Le premier avait renforcé de quelques troupes la colonne de Latour , et dirigé 6 bataillons et 4 escadrons, aux ordres de Wolf, sur la route de Stühlingen , pour suivre le général Tareau dans la vallée du Rhin.