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CHAPITRE XIV

Combat sur V El z. — Bataille d’Emmendingen , le 19 octobre.

Toute opération qui n’offre pas de sûreté pour la retraite , étant hasardeuse , Moreau ne put conserver la position qu’il avait sur le Federsée, et dut songer à se rapprocher du Rhin, pour assurer la sienne; mais dès qu’il eut traversé la Forêt-Noire et atteint son but, il résolut d’attaquer l’ennemi dans la vallée du Rhin , afin de s’ouvrir une communication avec Kehl. Une victoire dans cette circonstance pouvait donner à la campagne une tournure toute différente.

Le point de vue d’où partit le Général français était juste, et le moment bien choisi ; car lors même que 3o,ooo Impériaux eussent été dans la vallée du Rhin , il avait toutes les chances en sa faveur , pouvant les attaquer et les battre avec quatre divisions et la réserve , avant que les corps dispersés dans les

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montagnes, fussent réunis à 1 Archiduc. Mais il perdit du temps, et celui-ci l'ayant mis à proüt, rassembla ses forces et prévint son attacpie (1).

S il est vrai que la réunion des forces procure un avantage décidé sur l'adversaire qui a les siennes dispersées; il ne l'est pas moins qu'une résolution ferme et prompte, jointe à l’initiative des mouvemens, donne un ascendant marqué sur celui qui hésite, et qu'on peut

(1) tl est incontestable que le plus grand intérêt de Moreau était de se hâter d’attaquer l’Archiduc dans la vallée du Rhin , sur-tout s’il connaissait l’état de dispersion des forces impériales.

La raison des réparations nécessaires à la chaussure, qu’on a alléguée pour justifier ces délais, ne nous a pas paru admissible dans un moment si important. Il est plus probable que ce Général , peu instruit de la position réelle de l’Archiduc, n’osait trop s’éloigner de Ferino qui, avec l’aile droite, combattait encore dans les cols de Tfeustadt. Dans ce cas, l’on doit convenir que la marche des Français sur Kehl par la rive droite du Rhin, était trop hasardée ; il fallait l’entreprendre sans tâtonner , ou y renoncer pour gagner Kehl par la rive gauche ; car en allant se placer lentement derrière l’Elz , on laissait à Latour et à Frœhlich les moyens d’accabler Ferino, et de se porter sur Freiburg, tandis que l’Archiduc renforcé barrerait le chemin de Kehl, pour ôter à l’armée toute communication avec ses ponts.

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