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CHAPITRE XIV

contraire, les hauteurs se rapprochent bientôt de l’Elz dont elles’ longent le cours jusqu’à Koendringen; elles sont boisées, coupées de ravins escarpés où coulent des ruisseaux parfois marécageux, et ont peu de communitions propres aux charrois. Une seule bonne ligne de communication mène de Waldkirch dans la vallée du Rhin : celle-là suit l’Elz jusqu’à Kintzingen , resserrée d’un côté par son lit , et de l’autre par des vignobles , au milieu desquels se trouvent de petits villages. La rive gauche de l’Elz , plate par-tout , est couverte de forêts marécageuses. Cette rivière reçoit la Treisam, qui coupe à Eichstædt un chaînon , lequel s’étend de Freiburg vers le Rhin , et borde la rive gauche assez escarpée de ce ruisseau jusqu’à Riegel. De Kintzingen au Rhin , l’Elz coule dans une plaine , parce que la chaîne de montagnes court dès-lors parallèlement au fleuve. La route nommée Bergstrasse, communication principale de toute la contrée, suit dans la même direction. Elle mène de Francfort par Heidelberg, Offenburg, Kintzingen et Emmendingen sur Langendenzlingen, joint ici celle de Waldkirch, et se rend alors à Bâle par Freiburg.

Lorscpie les deux Généraux se rapprochèrent de la vallée du Rhin , tous les ruisseaux se

trouvaient extraordinairement grossis par les fortes pluies qui avaient inondé plusieurs contrées. L'Elz débordé couvrait toute la plaine de Kinlzingen , dans laquelle on ne pouvait arriver que par la chaussée. Entre Emmendingen et Waldkirch , mais sur-tout dans la vallée de la Brecht, les communications étaient coupées par les eaux sur plusieurs points , et les chemins la plupart défoncés.

l^e principe que la possession des montagnes rend maître des vallées, ne fut jamais plus vrai que dans cette occasion (1).

Un coup d’oeil sur la carte convaincra le lecteur, que TV aldkirch était le pivot de toutes

(1) Cette opinion a été long-temps reçue , mais nous ne saurions l’admettre comme principe. En effet, la possession des grandes vallées entraîne ordinairement celle des grands cours d’eau, des principales communications, des pavs fertiles , des champs de bataille propres à toutes les armes , on peut donc conclure que toutes les fois qu’on aura de fortes masses établies dans une grande vallée, on sera maître des montagnes qui la bordent de chaque côté. Cela est si vrai, que dans le cours de cet ouvrage, l’auteur considère, avec raison, la vallée du Danube comme la clef de l’Allemagne, et que les montagnes de Salzburg et de Steier n'y jouent qu’un rôle fort secondaire. En Tactique , sa maxime serait plus souvent juste qu’en Stratégie ; mais dans l’une ni dans 1 autre , elle ne doit être donnée comme un principe immuable.

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