CHAPITRE XIV
oisif. Il attaqua avec les troupes qu’il avait avant l’arrivée de Latour , les villages de Heimbach et de Malterdingen qu’il emporta après une résistance opiniâtre. L’avant-garde autrichienne occupa Kintzingen , ainsi que les deux villages pris , et les hauteurs en arrière. Les Français s’établirent sur les mamelons , dans les vignobles , et les forêts qui se trouvent en avant.
Cette démonstration , qui attira l’attention de l’ennemi, fit jour à Nauendorf, et rétablit avec lui une communication immédiate; elle n’eut pas d’autre suite.
L’Archiduc avait fixé l’attaque générale au 1 8 , et renforcé Nauendorf qui devait la décider. Mais l’état d’épuisement des troupes , et sur-tout de la cavalerie de Latour qu il vit arriver le 1 7 , le détermina à lui accorder un jour de repos. Il ajourna donc malgré lui l’exécution de son projet au 19, certain que dans sa situation et dans une guerre de montagnes , l’initiative seule lui donnerait la supériorité, et ne pouvant au reste supposer que Moreau consentit à l’attendre lui-même.
Celui-ci resta néanmoins le 18 octobre dans sa position. 11 n’y eut qu’une escarmouche entre les deux avant-gardes , occasionnée par la rencontre de leurs patrouilles ; les Autrichiens y
2j4 histoire de la campagne de 1796.
perdirent le village de Malterdingen, etse maintinrent sur les hauteurs en arrière. Sur ees entrefaites , Moreau reçut des rapports de Ferino cpii auraient dû le décider à presser l'exécution de sou projet, mais qui augmentèrent son irrésolution. Ce dernier ayant abandonné Neustadt le i5, se trouva le 16 à Ebnet, occupant par ses avant-postes Saint-Mergen, Ilohlgraben , le Steig et Todtenau. Restreint à un rôle passif, il crut le jouer plus sûrement, en formant avec ses troupes une chaîne de postes, pour garder tous les chemins et les sentiers, qu il perdait au fur et à mesure qu ils étaient attaqués parles Autrichiens. Ainsi le 18, lorsque Froehlich attaqua ses postes sur trois colonnes , le prince de Condé marcha par Waldau , les repoussa de Hohlgraben, Saint-Mergen , etjusques derrière Saint-Pierre : la seconde colonne attaqua le Steig, et rejeta les Français dans la vallée d’Enfer;.elle fut protégée par la troisième , qui se dirigea par Saig, AV indek et Albersbach, sur leurs flancs. Une seule colonne de flanqueurs, qui avait déjà pris le jour précédent le chemin de Saint-Biaise sur Todtenau , éprouva une vive résistance, et s’arrêta au premier endroit. Froehlich prit le 18 position à Albersweiler.
Moreau avait perdu beaucoup de temps , et