CHAPITRE XIV
la situation des Autrichiens s’améliorait de jour en jour. Nauendorffut renforcé; l’Archiduc réuni à Latour comptait 17,500 hommes d’infanterie et 7,000 de cavalerie. Le corps de blocus de Kehl s’élevait à 7,600 fantassins , et plus de 600 chevaux. Cependant le Général français avait toujours la supériorité numérique et une position plus favorable à l'offensive. Il se décida enfin à attaquer le 19; mais quoiqu’il eut saisi le vrai point et qu’il eût devancé l’ennemi, il n’employa pas assez de forces , et manqua d’énergie.
L’Archiduc avait aussi fixé son attaque pour le même jour à dix heures du matin, car il prévoyait que la bataille ne serait qu’une série de combats partiels sur ce terrain coupé qui séparait les deux armées, où l’artillerie et la cavalerie ne pouvaient manoeuvrer : ce Prince désirait, attendu la supériorité de l'ennemi, qu elle fût de courte durée , dans la crainte de perdre les avantages qu'il lui était facile d’obtenir de prime-abord par mie vive attaque. Son ordre de bataille bit disposé comme il suit :
La première colonne de 8 bataillons et 14 escadrons , sous le commandement de Nauendorf , devait attaquer Waldkirch (1).
(1) L’attaque de Nauendorf était sage, dès qu’il se
La seconde, de 12 bataillons et demi et 23 escadrons , sous le commandement de ”\\ artensleben, était dirigée contre Emmendingen et le j)onl de EElz.
La troisième, de 8 bataillons et demi et i5 escadrons, commandée par Latour , se divisa en deux sections, pour s avancer par Heimbach et Malterdiugen sur le pont de Kœndringen.
La quatrième, de 5 bataillons et 3 escadrons, devait, sous le prince de Fürstemberg, occuper
trouvait déjà posté à Bleibach; mais il est probable que si l’Archiduc avait réuni ses 36 bataillons et 70 escadrons pour attaquer Emmendingen , il eût écrasé la divison Beaupiiv, et compromis fortement Saint-Cyr à AYaldkirch. En effet, il est douteux que ce Général eût osé renouveler la manœuvre d’Eltlingen , en s’avançant sur Elz.ach par les montagnes, tandis qu’une canonnade menaçante se fût fait entendre derrière lui, attendu que les circonstances avaient bien changé par la position respective des deux armées. Le mouvement sur Emmendingen était hardi sans doute, car il n est pas dans la rigueur des principes d attaquer 1 extrémité de lennemi appuvée à un fleuve tel que le Rhin. Toutefois, puisque l'Archiduc attaqua ce point avec trois colonnes, il semble qu'il eût encore mieux réussi, en y employant toutes scs forces. Nous convenons qu’en thèse générale, et à chances égales, le point stratégique le plus avantageux était "Waldkircb ; mais en y portant les plus grands efforts, on eût ouvert à Moreau la chaussée de Kcbl qu’on voulait lui disputer.