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CHAPITRE XI V

cher n’eût-il pas été convenable de la faciliter, en abandonnant cette route ? d’ailleurs , la rivière d’Elz était à cette époque si haute et si débordée, que les Autrichiens 11’auraient pu aisément employer un grand nombre de troupes à cette opération. La situation de Vieux- Brisach sur des hauteurs escarpées et entouré d’anciens remparts, dans une contrée en partie inondée , permettait d'en défendre le pont avec trois ou quatre bataillons; enfin au pis-aller, l’armée française avait toujours la retraite libre sur Huningue.

Le projet de se rapprocher de Kehl avec l’aile gauche, n’était exécutable qu’à l’époque où l’Archiduc se trouvait seul dans la vallée du Rhin , où les Autrichiens n’avaient pas encore occupé en force les montagnes, et que les Français pouvaient les en déloger, sans crainte d’être assaillis durant leur marche du côté des hauteurs , et culbutés sur le Rhin. Mais plus tard , une semblable manoeuvre était inexcusable. Moreau aurait donc du changer sa position.

Lorsqu’on veut opérer dans les montagnes, la principale attaque doit toujours avoir lieu du côté des sommités , et s’avancer ensuite en échelons , par les vefsans , vers la plaine : on ne doit laisser l’ennemi tranquille nulle part, et faire marcher simultanément toutes les co-

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lonnes d’attaque. Moreau ayant agi contre cette maxime, et la gauche qui devait être refusée s’étant plus avancée que sa droite, il s’ensuivit que la première dut s’arrêter, jusqu à ce que la dernière eût atteint la même hauteur par des combats plus longs et plus opiniâtres. L’ensembie des opérations fut détruit; l’ennemi devina son projet, et eut le temps de le déjouer.

Dès le 17, il y eut des engagemens à Bleibach, et ce ne fut que le ig que la droite reçut l’ordre de marcher. L’Archiduc dans cet intervalle renforça iNauendorf , qui put corriger ainsi les vices de son mouvement et de sa position.

Le plan de Moreau était de s’avancer par Elzach dans les montagnes, sur la route de Waldkireh, qui se prolonge de cet endroit dans la vallée de l’Elz. Or , pour opérer avec sécurité dans une vallée, il faut être maitre des hauteurs qui la resserrent de chaque coté, ce qu'on obtient facilement au moyen de colonnes de llanqueurs qui , gravissant les montagnes , s’avancent de manière que leurs attaques précèdent un peu celle faite dans la vallée. Les vallons latéraux qui prennent naissance sur les hauteurs, offrent des communications entre la colonne principale et celles de flancs,

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