CHAPITRE XIV
le centre percé, l’opération de l’aile gauche manquait nécessairement.
Il paraît cependant, que la colonne de Lai tour passa inutilement le pont de Koendringen, ce qui occasionna, le 19 et le 20, une perte gratuite d’hommes , dans l’attaque contre le centre ennemi.
Emmendingen pris , et le pont rétabli par la manoeuvre de Nanendorf, les Autrichiens firent mal de réparer celui de Koendringen; ils auraient dû se contenter de rejeter l’ennemi au-delà de la rivière , et de couronner les hauteurs qui la dominent. Toute la colonne de Latour filant à gauche sur Emmendingen , aurait été remplacée par la quatrième. Si le rétablissement du pont dans ce dernier endroit , et le passage eussent été effectués plus vivement, alors la troisième colonne renforçait les deux premières; et 29 bataillons et 5o escadrons se trouvaient dès le 20 en mesure d’attaquer l’aile gauche de l’armée française avec tant de vigueur, qu'une victoire décisive eût probablement couronné cette manœuvre. Mais les travaux du pont s’exécutèrent si lentement, que toute cette journée suffit à peine pour faire filer la deuxième colonne à Emmendingen.
Ajoutez à cela , que l’heure de l’attaque était mal choisie. Dans la position de l’Archiduc, la
probabilité du succès dépendait d’une initiative vigoureuse; le retard qui eut lieu douua une demi-journée à l’ennemi , dont il profita pour commencer ses opérations; ce qui fit perdre l’avantage d’une surprise, et de la vivacité de l’attaque. Ce retard ne fut motivé que par des raisons spécieuses et trop légères pour ne pas engager l'affaire au point du jour, heure ordinaire des attaques. En effet, les opérations de la droite des Français contre la gauche de Nauendorf n’auraient pas été si loin, si les Au ■ trichiens ne s’étaient pas laissé prévenir.