‹ Vol. 3Chapitre 133 sur 155 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

lion fut prématurée^ car le résultat de la journée aurait dû lui prouver cpi’il n’était pas exposé à un échec considérable.

Toute l’artillerie française se trouva en action, pendant que les Autrichiens ne pouvaient établir la leur que vis-à-vis des hauteurs escarpées de Steinstadt et de Schliengen , sans beaucoup d’efïèt. Quand bien même ces hauteurs n’auraient été occupées que faiblement, ou qu’on eût pu les gravir , la cavalerie et l’artillerie établies sur le plateau , eussent empêché les Impériaux de s’y former. Le centre, couvert par le ravin escarpé d’Ober-Eckenen , n’exigeait que peu de monde pour être défendu contre des forces supérieures. Moreau aurait pu , en exécutant un mouvement à droite avec une partie de son infanterie, occuper encore dans la nuit les hauteurs en arrière d’Ober-Eckenen, Sitzenkirchen et Kandern , pour se maintenir dans sa position et déjouer toutes les manœuvres contre ses flancs. Il eût même encore mieux fait d’attaquer, avec ces troupes réunies à la division Ferino, le corps de Nauendorf , afin de lui arracher les avantages qu’il avait remportés la veille. Celui-ci fort éloigné de Latour, ne communiquait avec lui que par de très-mauvais chemins; les Françaisne couraient aucun risque pour leur retraite ; car les Impé-

riaux ne pouvaient profiter du chemin de la vallée de la Kandel pour les tourner, tant qu'ils tiendraient les hauteurs de ce côté de la ri\ icre. Ajoutez qu'il était aisé de les disperser dans les montagnes , et de les prendre en liane par Badenweiler.

Le 25 , l’armée française prit position à Haltingen, et défila toute la journée et la nuit suivante sur le pont de Huningue, après avoir été rejointe à Loerach par la brigade Tareau.

L’Archiduc , satisfait d’avoir rempli son but en éloignant, à si bon marché, l’ennemi de sa forte position, ne le poursuivit avec son avantgarde, que jusqu’à Sclialbach. L’armée la suivait à quelque distance , pour obliger les Français à une retraite définitive.

Lorsque l avant-garde Impériale arriva d'un côté, et Wolf de l’autre, par la vallée de la Wiese, l'extrême arrière-garde se replia dans Ja tête de pont de Huningue, et abandonna tout le pays en avant. L’armée autrichienne reçut l'ordre de camper à Egringen, l’Archiduc porta sur les hauteurs de Haltingen , un corps suffisant, sous le prince de Fürstemberg, auquel il prescrivit de chercher l occasion de s'emparer de la tête de pont.

Le reste de l'armée partit sur plusieurs colonnes pour OlFenburg , parce que Moreau ,

Page 1