CHAPITRE XV
laissant Ferino à Huningue, après le passage du Rhin , s’était dirigé , avec les deux divisions du centre et la réserve , vers Strasbourg. Le plan du Général français était de défendre les deux têtes de ponts sur la rive droite du Rhin , aussi long-temps que possible. 11 chargea Desaix de la défense de Kehl; et confia à Ferino celle de la tête de pont de Huningue , et la garde du Rhin. Il détacha aussi des troupes de l’armée de Rhin et Moselle dans l’Alsace inférieure , pour la protéger contre les partis autrichiens.
L’armée de Sambre et Meuse et celle du Nord 11e firent aucun mouvement en faveur de Moreau. Leur Général en chef parut vouloir s’avancer, tantôt par le bas Rhin, tantôt par le haut Rhin; mais, si l’on en excepte quelques affaires de postes, il n’exécuta aucune diversion importante (1). Une attaque effectuée le 27 octobre par Kreutznach , contre les troupes autrichiennes qui s’étaient portées de Mayence sur la Nahe , les força à se retirer derrière la Seltz , et à replier leurs avant-postes sur la rive gau-
' (1) La conduite de l’armée de Sambre et Meuse, à la fin de cette année, fut un des événemens le plus inexplicable de la campagne, et une des fautes capitales que les f rançais commirent.
che du Rhin; appuyant leur droite et leur centre à la Seltz; leur gauche à la Rehbach.
Il ne se passa ainsi rien de remarquable à cette armée sur le bas Rhin, où enfin les troupes des deux partis prirent des quartiers-d'hiver à la mi-novembre. Les Français se retirèrent le 18 tout-à-fait derrière la Wipper. Le terrain entre cette rivière et l’Agger resta indivis ; et une convention des Généraux sanctionna 1 intelligence qui régnait déjà entre les avantpostes, tant sur la Wipper que devant la tête de pont de Neuwied, par un armistice qui ne devait être rompu quaprès trois jours d'avertissement.