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CHAPITRE XVI

Siège de Kehl.

Il semblait qu" après le passage du Rhin par les Français, les deux armées épuisées paries fatigues de la campagne , allaient prendre un peu de repos pendant la mauvaise saison.

L'Archiduc ne pouvait établir ses quartiersd’hiver qu’en quittant la vallée du Rhin et s’établissant sur le versant oriental des montagnes, ou en se rendant maître des têtes de pont de Kehl et de Iiuningue , pour s'assurer de tout le cours de ce fleuve ; car le peu d'espace entre les montagnes noires et les places , joint au défaut de communications dans cette chaîne , permettait tout au plus d’y rester en position , mais non d’y cantonner.

L’abandon de la vallée du Rhin aurait mis les Autrichiens dans la nécessité de laisser dans leurs places des garnisons nombreuses , parce que tous les mouvemens offensifs dirigés de Kehl , menaçaient les communications de ces

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foi’teresses avec l'armée. L’Archiduc se serait donc tellement affaibli par ces détachemens, qu'il eût été hors d'état de rester en lice avec un adversaire qui lui était déjà supérieur en nombre. D'un autre côté , la prise de Kehl présentait des obstacles presque insurmontables.

Pour faire le siège d une place avec quelque probabilité de succès , il faut avant tout en éloigner l’armée ennemie, la resserrer étroitement , lui couper toute communication avec l'extérieur, la réduire, en un mot, à ses propres forces. Alors seulement, on peut espérer d imposer silence au feu de la garnison , de détruire ses ouvrages , et de lui enlever tous les moyens de défense : rien de cela n’était praticable devantKehl, dont les approvisionnemens faisaient pressentir que les ressources manqueraient plutôt aux assiégans qu'aux assiégés.

Le coude du Rhin près de Kehl couvrait si bien le pont de communication , de la place à la rive gauche , que pour le canonner avec succès, il fallait s'approcher à a5o toises des ouvrages extérieurs du fort. Il n’était possible d’arriver à cette distance que de front; autrement les tranchées eussent été enfilées par l'artillerie des îles du Rhin et de la rive gauche. Aussi long-temps que l ennemi conservait son pont , il ne fallait pas songer à éteindre ou mai-

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