CHAPITRE XVI
blesse du corps de siège , que les travailleurs se rendissent en armes à la tranchée. Au moment même où les Français emportaient les retranchemens de Sundheim, six bataillons relevés arrivaient dans leur camp à Neumühl. Ces troupes et quatre bataillons qui étaient en réserve sur la route de Wilstedt , attaquèrent l’ennemi et le repoussèrent. L’autre colonne éprouva le même sort. Les troupes venues du camp la forcèrent à la retraite , reprirent les redans perdus , et délivrèrent les autres. Le combat fut vif et meurtrier. Moreau et Desaix s’exposèrent au fort de l’action, et furent l’un et l’autre légèrement blessés. Les Français ramenèrent dans la place six pièces de canon et deux obusiers , après avoir encloué l’artillerie qui se trouvait dans les retranchemens.
Si Moreau , en combinant son attaque , au lieu de la faire partir de la rive gauche et de traverser les ponts, eût rassemblé ses troupes pendant la nuit dans le camp retranché; il aurait pu aborder l ennemi avec toutes ses forces, et eût sans doute réussi ; en effet , si les Français arrivés à Rappenliof, eussent détruit les munitions qui j avaient été amenées de toutes les places du Rhin , avec tant de peine , le siège eût été immanquablement levé. Enfin , s’ils avaient occupé le terrain entre le Rhin et la
3c>4 HISTOIRE DELA CAMPAGNE DE 1796.
Schutter , détruit les ponts de ce ruisseau et de laKintzig, ils auraient coupé la communication du camp autrichien, etgagué une bataille décisive, pour peu que Moreau eût profité de ce premier avantage, en attirant promptement toutes ses troupes de la rive gauche, afin de battre les eunemis séparés , avec toutes ses forces réunies , et de s ouvrir par là les chemins du Necker et du Danube. Le brouillard qui d’abord avait favorisé l’attaque des Français, leur devint nuisible ensuite , parce qu'il leur cacha le terrain , et les contre-manoeuvres des Autrichiens. D’ailleurs ne débouchant de la forteresse que sur une seule colonne, ils furent gênés dans la formation et l’emploi de leurs troupes.
L attaque du 22 fut la seule vigoureuse , tentée par les Français pendant toute la durée du siège. A la vérité, il ne se passa pas de nuit sans quils n'exécutassent de sorties sur les tranchées, mais elles étaient trop faibles, et n'inquiétaient jamais que les travailleurs les plus exposés: elles furent toujours repoussées par les réserves autrichiennes, qui avaient d’ailleurs construit une infinité de barbettes dans les tranchées , d’où l’artillerie de campagne les recevait avec de la mitraille.
Le 28 les batteries commencèrent à jouer. Le village de Relil fut vivement canonné , et