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CHAPITRE XVI

en moins d’une demi-heure la partie du village en avant de la maison de poste, fut nettoyée et occupée par deux bataillons. Les Français firent plusieurs tentatives pour les en chasser, mais ils s’y maintinrent , et prolongèrent dans la nuit du 29 , la première parallèle sur la rive gauche de la Schutter.

Le feu des assiégeans coula par hasard un des bateaux qui remplaçaient une palée du grand pont, et les Français 11e purent le rétablir pendant toute la durée du siège.

Afin de couvrir leur flanc en continuant leurs travaux , les Autrichiens attaquèrent dans la nuit du 29 , le petit Kehl-Kopf sur la gauche , les îles de la Kintzig et celle de Bremenwoerth sur la droite. Tous ces postes furent emportés après une vigoureuse résistance , ainsi que le grand Kehl-Kopf, qui fut enlevé le 5 décembre , avec la queue d’hironde qui se trouvait devant le piquet de Durlach. On établit des batteries dans cette île , qui furent liées à la queue d’hironde et à la première parallèle. La seconde parallèle sur la droite de la Kintzig, rapprocha l’attaque du fort, et favorisa la construction de nouvelles batteries.

Le 10, on déboucha du logement dans la queue d'hironde , pour se lier avec les tranchées du village de Kehl , par une parallèle qui 3. 20

3o G HISTOIRE DF, LA. CAMPAGNE DE 1796.

passa à i5o ou 200 toises des ouvrages du camp ennemi.

Un obstacle majeur s'opposa aux progrès ultérieurs sur ce point : c était la poste, d'où l'ennemi qui s’y était retranché , prenait en liane les travaux dirigés contre son camp. Cette circonstance décida les Autrichiens à attaquer de vive force le 10 au soir, cet ouvrage ainsi que les llèches qui l'environnaient. Les assiégés s’y défendirent toute la nuit , mais en furent délogés au jour. Une seconde attaque dans la nuit du 19 au 20, sous la protection des batteries et des tranchées qui se rapprochaient de plus en plus, remplit enfin ce but. La poste, le cimetière et les flèches hu ent emportés , mis aussitôt en état de défense, et liés avec les tranchées. On les défendit les nuits suivantes contre les attaques que les Français firent pour y rentrer.

Un plus grand obstacle s’opposa encore aux progrès du siège. Des pluies continuelles délavèrent le terrain , et la Schutter et la Kintzig se gonflèrent tellement, du 20 au 26, que les tranchées furent inondées au point que les Autrichiens craignirent , non- seulement d être obligés de lever le siège , mais encore d abandonner le matériel d artillerie.

Les eaux baissèrent à la vérité le 27, mais il

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