CHAPITRE XV ï. 3c
fallut plusieurs jours de travail pour réparer les ouvrages endommagés par l’inondation.
Le ier janvier 1797, les Autrichiens redoublèrent le feu de toutes leurs batteries et attaquèrent de vive force le camp retranché , à quatre heures après-midi. Ses ouvrages avaient beaucoup souffert, et les tranchées en étaient si près, qu’on pouvait se prometttre un heureux résultat de cette entreprise. Elle réussit en effet. Le général Staader conduisit l’attaque , qui fut principalement dirigée contre la redoute de Souabe. L’ennemi en fut chassé si vite ainsi que de toute la ligne , qu’il n'eut pas le temps de mettre le feu aux fougasses , et y laissa quelques pièces de canon.
Les Autrichiens se logèrent aussitôt dans le fossé des retranchemens , dont ils se firent une espèce de parallèle qu’ils conduisirent jusqu’à la Schutter, et où ils élevèrent des batteries contre le fort et le piquet de Durlach.
Leurs batteries se rapprochant de jour en jour , elles atteignirent enfin le chemin de Strasbourg dans le prolongement du fort, et coulèrent le ier janvier deux des bateaux du pont; ce qui interdit la communication avec la rive gauche. Ces accidens les rendirent bientôt maîtres du camp retranché , et ils y étaient
3o8 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DF. 1796,
déjà établis, quand les réserves françaises firent une vaine tentative pour les en chasser.
Dans la nuit du ier au 2 , les Autrichiens attaquèrent de vive force tous les petits retrauchemens , en avant de l’ouvrage à corne du piquet de Durlaeh.Les plus braves pénétrant dans l’ouvrage même , arrivèrent jusqu’au réduit qui couvrait le pont volaut; mais le général Lecourbe qui y commandait, renvoya le bateau, rassembla ses troupes, et repoussa les Autrichiens. Les flèches restèrent néanmoins en leur pouvoir, ils s’y établirent et y placèrent de l'artillerie.
On chemina des nouvelles tranchées à la sape , et dans la nuit du 5 au 6, les Autrichiens occupèrent le piquet de Durlach. Le général Sainl-Cyr qui commandait à Kehl fit abandonner l'ouvrage à corne et sa lunette , qui désormais sans communication avec la place , n’avaient plus d’importance et ne pouvaient se soutenir. On 11'y laissa que quelques grenadiers avec trois pièces de canon, pour y passer la nuit et inquiéter l’ennemi. Ils s’en retirèrent au matin , mais le Général les ayant fait rembarquer le jour suivant pour y retourner, l'ouvrage était déjà occupé par les assiégeans.
La même nuit, trois bataillons autrichiens prirent de vive force tous les ouvrages de la