‹ Vol. 3Chapitre 146 sur 155 · CHAPITRE XVI. 3og · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. 3og

seconde ligne du camp retranché, et en ouvrirent la communication avec la forteresse. Ils s’avancèrent même jusqu’à la redoute du cimetière , et à l’entrée du chemin couvert de l’ouvrage à corne de Kehl , où ils se défendirent à découvert contre les assiégés, jusqu’à ce qu’on eût établi les logemens dans les ouvrages emportés du camp retranché. La perte de ces braves fut considérable ; parce qu’ils eurent à soutenir les efforts de six bataillons ennemis , et le feu de toutes les batteries du fort. Les assiégans se virent alors en état de canonner le pont , et d’établir une parallèle du village de Kehl au Rhin. Celle-ci jfùt armée entre autres batteries , d’une de 4 pièces de 12 et de deux obusiers de dix livres , dirigée contre le pont du Rhin. Dès le 7 au soir, deux bateaux furent endommagés par des coups perdus; mais lorsque le feu des nouvelles batteries commença le matin , le pont fut bientôt détruit. A 9 heures cinq bateaux avaient été coulés , tous les autres étaient endommagés. Les Français convaincus de l’impossibilité de le rétablir , songèrent à construire plus bas un pont volant; mais comme il ne pouvait être à l’abri du feu de l’ennemi , ils renoncèrent aussitôt à ce projet.

Dans la nuit du 8 au 9, les Autrichiens ouvrirent une nouvelle parallèle sur le glacis de

3lO HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1796.

l'ouvrage à corne, qu'ils lièrent par sa gauche avec la précédente , et appuyèrent à droite à la Rintzig.

Le but de la défense de Kehl était atteint. La résistance ne pouvait se prolonger au-delà de quelques jours et devenait inutile. Le 9, Desaix proposa de le remettre : la capitulation fut conclue la même nuit entre lui et Latour; et le 10 il fut rendu à quatre heures du soir.

Les Français ayant enlevé tout ce qui pouvait leur être de quelque utilité, les Impériaux n'y trouvèrent qu'un amas de décombres. Le siège avait duré cinquante jours, depuis l’ouverture de la tranchée jusqu'à la reddition de la place.

Les Autrichiens durent la conquête de ce point important à leur bravoure, à leur constance, et à la prudence avec laquelle le siège fut conduit. Les- Français le défendirent vaillamment ; aucun ouvrage ne fut pris avant d'avoir été cerné de tranchées , et attaqué de vive force; en un mot, ils firent tout de ce qu'on peut espérer dune brave garnison. Mais la France attendait davantage de Moreau ; il quitta le rôle de Général en chef, pour prendre celui d’un commandant de place, et ne songea qu'à la défense de K.ehl , sans rien entreprendre pour en faire lever le siège : en sorte que ce fort, nonobstant la supériorité de ses moyens, suc-

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