‹ Vol. 3Chapitre 148 sur 155 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

son des Autrichiens , dont un grand nombre ayant combattu contre les deux, armées ennemies , avait parcouru plus d'espace , et soutenu plus de combats. Dans le cours du siège même, la faiblesse proportionnelle des Autrichiens , et J extension de leurs travaux, les obligeant à être presque toujours de service, ils souffrirent plus que la garnison, qui jouissait, après avoir été relevée , d’un repos parfait durant quelques jours. Sans doute on aurait perdu un nombre d hommes considérable dans une campagne d’hiver; mais quels grands intérêts se rattachaient à ce sacrifice ? et de quel prix n’eût-il pas été payé par une paix glorieuse?

Le Directoire , dans ce fait , ne paraît pas exempt de reproches. S’il avait une juste idée de la valeur de Kehl, pourquoi n’y destina-t-il pas toutes les troupes qui étaient sur le Rhin? L’armée de Sambre et Meuse et une partie de celle du Nord , immobiles depuis la fin de septembre, avaient eu tout le loisir de se rétablir de leurs fatigues. Si les mettant toutes deux sous les ordres du général Moreau, on lui eut prescrit d'amuser l’ennemi avec quelques détachemens sur la Wipper et à Neuwied, et de gagner avec le reste le haut Rhin en toute diligence, il aurait formé une armée assez nombreuse pour forcer le passage de ce fleuve et battre les Au-

trichiens, lors même qu’ils eussent réuni toutes leurs troupes à temps. De cette manière, le Directoire atteignait son but plus sûrement, plus complètement et plus vite qu’en hasardant 1 opération <1 Italie, dont le succès dépendait de l’arrivée des renforts envoyés du Rhin.

11 est vrai que le commandement de toutes les troupes sur ce fleuve, Rit donné le a5 décembre à Moreau ; mais il reçut en même temps l’ordre d en détacher 3o mille hommes d'infanterie, et quinze cents chevaux pour l'Italie. A cette époque le siège de Kelil avait fait des progrès marqués, et les troupes de l’armée de Sambre et Meuse étaient dispersées. C’est donc à toutes ces entraves qu'on doit attribuer les lenteurs que le Général français apporta dans l’exécution de ses projets.

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