CHAPITRE XVII. 3l
tive , Je feu commença. A trois heures de l’aprèsmidi, le pont était déjà détruit par la canonnade; le courant entraîna les pontons , et l’on en prit 2 1 près du village de Martel. Dès-lors , les Français ne purent traverser le Rhin qu’en bateaux.
Afin d’empêcher la construction d’un nouveau pont , et de profiter de l’embarras de l’ennemi , le prince de Fürstemberg se décida à attaquer les ouvrages de vive force, dans la nuit du 3o novembre au ier décembre. En conséquence , toutes les batteries reçurent , le soir à six heures , l’ordre de faire un feu continuel , et de le cesser à huit heures précises , instant fixé pour l’attaque. Elle s’effectua sur trois colonnes. La première s’avança entre les batteries 1 1 et 1 2 , la seconde partit de celle n° 7 sur la chaussée , où celle de gauche avait l’ordre de se former près de la batterie n° 2.
Après une canonnade de deux heures, la première colonne entra par la barrière dans la face gauche du ravelin , entre le Rhin et le retranchement nouvellement construit. La seconde déboucha de la tranchée , pour gagner l’angle saillant des places d’armes, se jeter dans le fossé , et entrer dans l’ouvrage près des ouvertures de chaque côté. La troisième colonne longea la frontière de la Suisse , quelle respecta , pour gagner l’ouverture de la face
3l8 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE I79C.
droite et attaquer le côté du ra vélin , en faisant face au petit bras duRliin. Immédiatement après la prise des ouvrages extérieurs , on devait attaquer de la même manière l'ile des Cordonniers. Chaque colonne avait une avant-garde de 200 volontaires, suivis à vingt pas de distance par deux compagnies, derrière lesquelles venaient cent travailleurs.
Les première et deuxième colonnes s’emparèrent des ouvrages extérieurs, en massacrèrent la garde, enclouèrent 2 obusiers et 3 pièces de canon. La troisième mise en désordre par le feu de l'ennemi qui lui tua ses chefs , les deux autres se retirèrent, après l'avoir inutilement attendue. Sur ces entrefaites, Abatucci ayant rassemblé ses troupes dans 1 ouvrage à corne, exécuta une sortie vigoureuse, pour empêcher les Autrichiens de se loger dans les ouvrages surpris; et les poursuivit avec chaleur. Il y fut blessé mortellement, et remplacé par le général Dufour dans le commandement de la tête de pont.
On continua les jours suivans à canonner et à jeter des obus dans les ouvrages français. Dès le 8 décembre , 22 pièces furent dirigées sur les transports ennemis et les lieux de débarquement. Les obus étaient particulièrement lancés sur la tête de pont. Du 1G décembre au 16 jan-