CHAPITRE XVII
et la garde de la tranchée ; prit les deux pièces de canon placées sur la plate-forme à droite du n° 7 , et s’avança jusqu’aux nos 2 et 3. C’est là seulement qu'il fut repoussé par la réserve, établie dans la communication entre le retranchement d’Elisabeth et les tranchées. L’artillerie enlevée fut reprise, et l'on se remit aux travaux. Dans la nuit du 29 au 3o , les Français exécutèrent une nouvelle sortie , mais qui échoua. Ils ne purent même interrompre les travaux.
Après une canonnade très - vive , dans la nuit du 3o au 3i, ils firent une sortie sur deux colonnes. La première attaqua la gauche de la première parallèle , tourna la batterie n° 7 , repoussa les travailleurs , et s’empara de deux pièces ; mais arrêtée par la redoute, elle se tourna à droite , et fut repoussée par la garde de la tranchée. La deuxième colonne attaqua un peu plus tard , en trois détachemens : un petit , contre la tête de la tranchée le long du Rhin ; le second plus fort, contre une batterie à droite qu’il escalada, mais dont il hit repoussé. Le troisième , après avoir défilé sans être aperçu , au bas de la rive escarpée du Rhin jusques au crochet en arrière, força les travailleurs à se retirer, et s’avança sur la batterie , d’où il fut également repoussé.
La traucliée se trouva , le ier février , à 80 pas des ouvrages extérieurs. Les Autrichiens s’étaient préparés pour l’attaquer de vive force, et pensaient pouvoir s'avancer ensuite sur le bord du Rhin , pour ricocheter de plus près l’ouvrage à corne dans toute sa longueur, et empêcher la communication au moyen d’un feu de mitraille.
Le 2, toutes les batteries étaient prêtes ; mais déjà dans l'après-midi de la veille, ladjudantgénéral Savary avait fait des propositions de capitulation, de la part du général Dufour.
Elle fut conclue cette nuit même. Les Français évacuèrent, en conséquence, la tête de pont, en emportant tout ce qui pouvait leur être de quelque utilité. Les Autrichiens en prirent possession, sous la condition d'en démolir tous les ouvrages , aussi bien que les travaux de siège , dans l'espace de six semaines.
Les Français défendirent la tête de pont d'Huningue avec valeur et intelligence. Un pareil point, sans capacité, mais muni au-delà de ce qui est nécessaire à sa défense, n’est capable de faire une longue résistance . qu’autant qu oit défend le terrain en avant ^ et qu’on retarde les progrès de l’ennemi par des sorties continuelles. La marche de ce siège fournit la preuve,