CHAPITRE II. 2g
lonne de l’Archiduc vint la joindre , parce qu elle ne put éviter le défilé , à cause du terrain marécageux. La canonnade s’engagea des deux cotés , et déjà les Impériaux commençaient à se développer, lorsque les Français se retirèrent derrière les hauteurs , par la foret : leur cavalerie resta en avant pour cou- ^ vrir la retraite , mais le feu de l’artillerie la chassa bientôt. Bernadotte se replia par Altdorf, en arrière de Lauf, suivi par 6 bataillons et 1 1 escadrons de Hotze , qui s’établirent à Hochdorf. Son avant-garde se battit pendant une heure à Berg, avec l’arrière-garde française , quelle repoussa encore le soir , d’Altdorf. Le prince de Lichtenstein arriva avec 2 bataillons et 16 escadrons, à Postbauer, et envoya des partis jusqu’à Niirnberg. L’Archiduc resta à Neumarkt , pour préparer l’opération décisive , dont les manoeuvres précédentes n’avaient été que le prélude.
Il était ordonné a Wartensleben d’observer l’ennemi avec soin, et en cas qu’il fit un mouvement , de passer rapidement la Naab, et de 1 attaquer. L’Archiduc lui annonça les succès des 22 et 23 , et lui communiqua son projet de se porter le lendemain matin par Castel à Amberg, sur le flanc et les derrières de l’ennemi , pendant que quelques détachemens
3o HISTOIRE DE LA. CAMPAGNE DE 1796.
le préviendraient aux défilés de la Pegnitz (1) ; il lui enjoignit en même temps d’attaquer sans balancer.
(1) L’opéra lion de l’Archiduc contre l'armée deSambre et Meuse, lui acquit unejuste réputation. Ce fut, après la fnarchede Clairfayt , à la fin de 1 795 , le plus beau mouvement stratégique que les Autrichiens eussent exécuté dans celte guerre. Quelques militaires ont reproché au Prince d’avoir marché, après l’affaire de îïeumarkt , par la droite pour joindre son lieutenant, au lieu de lui prescrire un mouvement par la gauche sur Castel , afin de l’attirer à lui et de prévenir Jourdan à Nürnberg. Il paroil eu effet que se trouvant déjà derrière le flanc droit de l’ennemi, il abandonna cet avantage pour se porter méthodiquement sur son front. Mais peut-être fut-il retenu par la crainte de livrer à son adversaire la route directe de Ilatisbonne, ou par le défaut de chemin praticable de Lengenfeld à Castel. Quoi qu’il en soit , nous n’avons rapporté cette circonstance que parce qu’elle nous donne l’occasion de rappeller qu’on doit observer comme règle générale , quand on prend l'initiative sur V ennemi, et qu’on est parvenu à établir un grand corps sur l extrémité de sa ligne , de le faire appuyer successivement par ceu.c qui seraient restés devant le front, afin de la culbuter plus vivement , et de gagner les communications de l'adversaire. L’oubli de ce principe fit perdre à un Maréchal français le fruit de la bataille de Bautzen; car ayant débouché par Glein et Preititz derrière la droite de^ Alliés, il aurait dû continuer son mouvement à gauche, comme on le lui pro-