‹ Vol. 3Chapitre 18 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Jourdan, informé de sa situation par les rapports de Bernadotte , se décida le s3 août au matin à se retirer sur la Pegnitz , et mit ce jour-là même son parc et ses équipages en mouvement. La division de cavalerie fut détachée par Vilshofen vers Neumarkt, soit pour renforcer Bernadotte, soit pour couvrir, au pisaller, le flanc de l’armée qui devait se retirer le lendemain. L’armée reçut l’ordre de partir dans la nuit , laissant l’arri ère-garde et les avantpostes quelque temps sur la Naab , pour couvrir son mouvement.

Mais la position des Français était telle, qu’ils ne pouvaient rien faire sans être vus. Dès que les Autrichiens aperçurent la marche du parc , ils se disposèrent à le suivre. Wartensleben , dans l’après-midi , lit passer la Naab à droite de Frohnberg , à 4 régimens de cava-

posa , au lieu d’aller par la droite sur les hauteurs de Klein- Bautzen , se remettre ainsi devant le front d’un ennemi déjà tourné par des forces considérables. L’Archiduc n’obtint de sa belle manœuvre que de minces résultats; et une armée de 42 mille français, à cent lieues de ses frontières, se retira sans perte sensible jusques sur le Rhin , quoique prévenue sur ses communications par un adversaire qui comptait 66 mille hommes, dont 'io mille de cavalerie.

lerie, afin de chasser les postes établis dans les prairies de 1 autre côté. Tl inquiéta en même temps toute la ligne, eu faisant jouer les batteries de gros calibre placées sur l’Ensiedelberg. L’armée française prit les armes; mais on ne tarda pas à juger quelle n’avait pas l’intention de se maintenir dans sa position , car ses avant-postes se bornèrent à tirailler avec les Autrichiens qui avaient passé la rivière , sans faire des tentatives sérieuses pour les repousser.

A onze heures du soir, les colonnes françaises se mirent en marche ; la division Lefebvre se retira de Naabburg sur la chaussée de Sulzbach , jusqu à Hambach , où elle prit position: Collaud , Grenier etChampionnet se rendirent à Amberg; les deux premiers par la grande route , le dernier par Haselmühl. Les avantpostes autrichiens gagnèrent assez de terrain , pour que les colonnes qui les suivaient pussent passer à minuit la Naab à Schwarzenfeld , et se former avant le jour, sur sa rive droite. Wartensleben avait fait toutes ses dispositions dans le but d’attaquer la position ennemie; les avant-postes escarmouchèrent jusqu'à trois heures , et les Français se replièrent alors sur Amberg.

Au point du jour , les Autrichiens se mirent

en mouvement : Wartensleben se borna, contre sa première intention, à détacher un bataillon et 3 escadrons, pour couvrir sa droite par Ezdorf et Penningthan, à Aschach. Une colonne de g bataillons et 24 escadrons , sous le commandement de Kray , destinée d’abord à attaquer Grafenried , marcha par Voelfering , Hitling etHiltersdorf à Engelstadt : l’autre de i3 bataillons et 22 escadrons , conduite par le Général en chef même, suivit la chaussée jusqu’à Germersdorf*. Un détachement de cavale.rie se porta à gauche, sur Irlohe , lequel était destiné , d’après le premier plan , et au cas que les Français résistassent , à favoiàser l’attaque qu’une troisième colonne exécuterait de Schwandorf sur Kreit. Mais celle-ci fut retardée au passage de la Naab , et n’arriva à Amberg qu’à la fin du combat, prétextant le temps employé à rétablir le pont de Schwandorf.

Aussitôt que Wartensleben fut parvenu au point où le texrain s'incline vCrs Ambexg et découvre un vaste hoiizon , il embrassa d’un coup d’oeil la position de l’armée française, et forma ses colonnes sur deux lignes : leur droite sur les hauteurs boisées de'Krumbach, et leur gauche appuyée à la Vils , près de Lengfeld. Le centre sur le terrain élevé ,

eu

arrière de Krumbaçh , Germersdorf et Kiners*bruck. C'est de là qu’il fit ses dispositions d’attaque contre Amberg.

Cette ville est coupée parla Vils, dont l’élévation des berges, et les environs marécageux , forment presque par-tout un défilé. La partie bâtie sur la rive gauche , se trouve dans un fond resserré par un plateau étroit , escarpé et boisé, qui s’étend parallèlement à cette rivière vers Rahering : sur ce plateau s’élèvent plusieurs mamelons, dont le plus remarquable, nommé Mariahilfsberg , commande non-seulement Amberg , qui est vis-à-vis, et la route de Hambach; mais encore celle de Sulzbach et les hauteurs en arrière de la ville , de l’autre coté de la \ils. Un chaînon moins élevé qui se détache de Rahering, contourne Amberg, et va s’appuyer au cours inférieur de la Vils, non loin de son point de départ. La crête de celui-ci est coupée par un vallon où serpente un petit ruisseau cpii , après avoir passé devant Krumbaçh , arrose Moos , Germersdorf et Kinersbruck , avant de se jeter dans la Vils , visà-vis du moulin , dit Haselmühl.

Sur la droite de cette rivière, des versans opposés des montagnes d'où sort la Pegnitz jaillissent quelques ruisseaux qui creusent par leur chute d’étroits contreforts. Le plus élevé

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