‹ Vol. 3Chapitre 27 sur 155 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Si 1 on considéré que le Tyrol offre peu de ressources en subsistances à une armée qui s y engage , et que Moreau n’y pouvait diriger ses opérations , avant d'avoir pris pied en Bavière , afin de couvrir ses convois et ses magasins ; on voit que , dans l'état actuel des choses , on avait peu de craintes à concevoir au sujet de cette province. Plus tard elles furent encore moins fondées ; car avant que Moreau fut maître de toute la Bavière , l'Archiduc devait avoir battu Jourdan , ou l’être lui-même. Dans le premier cas , Moreau pouvait encore moins songer à se porter dans le lyrol ; et dans le dernier, où la seule armée en état de le retenir, eut été battue, il ne devait avoir d autre objet que de se joindre à Jourdan, et d’opérer le long du Danube : le Tyrol tombait donc de lui-même , et sa conquête offrait trop peu de difficultés pour s'en occuper d'avance.

Si elle semblait presque impossible à Moreau , la marche d’une partie de ses troupes dans les montagnes , pour se mettre en communication avec l’armée d Italie , n aurait eu aucun motif, et eût rencontré des obstacles presque insurmontables. A la vérité , Bonaparte avait battu les Autrichiens , et bloqué la plus grande partie de leur armée dans Mantoue :

mais sa faiblesse ne lui permettait pas d’assiéger cette place , et de commencer en même temps une opération offensive; car toute la population du Tyrol était en armes , et soutenue des débris de l’armée impériale. Le corps détaché de celle de Rhin et Moselle , aurait dû par conséquent se porter jusqu’à Trente , pour opérer sa jonction avec Bonaparte. Or, Moreau , en s’affaiblissant ainsi , se serait enlevé les moyens de porter un coup décisif en Bavière , de forcer les Autrichiens à abandonner le Tyrol , et d effectuer sa jonction avec l’armée d’Italie , pour la chercher sur une route plus longue et plus difficile. Ajoutons qu’un échec avant que le corps détaché eût atteint sa destination , eût rendu la retraite de celui-ci incertaine et très-difficile.

Toutes ces considérations prouvent assez que Moreau ne pouvait entreprendre d opération dans le Tyrol; et que par conséquent', les Impériaux ne devaient tehir les débouchés des montagnes, que pour arrêter les diversions de ses partis , et doubler l’énergie de la population, armée pour la défense de ses foyers.

Le corps de Froehlich , formant l’aile gauche, déjà renforcé par 5 bataillons et 2 escadrons de l’armée d’Italie, eût pu remplir

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