‹ Vol. 3Chapitre 34 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

afin de le couvrir pendant son mouvement de Bamberg à Schweinfurt, contre les troupes légères des Autrichiens , qui couraient déjà au-delà de Zeil , et avaient pris un convoi dans cette direction. On prescrivit à Bonnaud de s’établir dans la plaine d’Altendorf, et à la cavalerie de Championnet , de bivouaquer près de Hirscheid , afin de protéger Kleber, se retirant de Forcheim, et d’observer le gué de Seussliug. Le moment était favorable pour chasser les Autrichiens des bords de la Rauhe- Eberach ; car l’Archiduc , dans l’intention de concentrer ses troupes , pour attaquer le 29 août après-midi , ou le 3o au matin , avait attiré le corps de Sztarray vers la Regnitz. Hotze , qui arriva le même jour à Burg-Eberacb , ne pouvant ainsi compter sur aucun secours, était d’autant plus isolé, que le prince de Lichtenstein se trouvait déjà à Eltmann.

Les bords delà Raulie-Eberach sont boisés, •principalement sur la gauche , où Bernadotte s’avança par la route de Bamberg à Burg- Eberach. Son avant-garde ayant repoussé les postes autrichiens de Harrnbach, sa colonne déboucha de la forêt de Steinach , et fit un mouvement à droite, contre la route d’Elt- 3. *5

'j 2 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE I79O.

manu. Hotze plaça un bataillon à gauche de Harrnbacb , et un autre en réserve derrière la Rauhe-Eberach ; 3 bataillons occupèrent les hauteurs d'Ampferbach , contre lesquelles l'ennemi paraissait se diriger. Celui-ci, après avoir établi une forte batterie sur sa gauche , contre Harrnbach , se contenta de canonner , pendant que sou infanterie se jeta en tirailleurs dans la forêt d’Ampferbach. Les Impériaux, craignant qu'il ne gagnât la route d’EItmann, l’attaquèrent et le repoussèrent trois fois; mais les Français finirent par les restreindre à la défense des hauteurs , qu’ils tenaient dès le commencement de l'action. A la chute du jour ^ Bernadotte se replia dans la forêt de Birkach, où il s'établit; son projet de gagner la route d'Eltmann, échoua complètement. Championnet, qui devait le soutenir, n’arriva très-tard qu’avec la moitié de ses troupes , ayant perdu beaucoup de temps à faire relever les postes de Forchheim, et laissé nombre de traîneurs.

Sur ces entrefaites , des mouvemens avaient eu lieu sur la issent , dans les deux âi-mées. Ceux prescrits par l’Archiduc pour le 29 , n'étaient que préparatoires de l'attaque générale du lendemain. En conséquence , les

troupes devaient être formées le soir, pendant que l’avant-garde de Kray repousserait les avant-postes français , s’avancerait dans les montagnes jusqu a la Wissent, elle gros de sa division , par Neunkirch à Pilzberg. L’Archiduc voulut suivre par Effellerich , et ordonna à Sztarray de se porter à Seussling , sur la Regnitz. Son projet était de déborder l’ennemi, avec des troupes légères, par les montagnes , vers Ebermanstadt,et de l’amuser sur son front , pendant que Sztarray passerait au gué de Seussling, sur le flanc droit. La disposition du 29 août fut exécutée, et la gauche de la rivière balayée ; ce général arriva à Hemhofen; 5 bataillons , et 4 escadrons avec de l’artillerie de position , parvinrent à Seussling ; mais le gué était impraticable, et les Français déjà en pleine retraite. Kleber voulut éviter un combat qui ne pouvait lui être que désavantageux, attendu que les Autrichiens, supérieurs en nombre , s’avancaient très-rapidement dans les montagnes , faiblement occupées : en conséquence , il se mit en marche l’après-midi , et prit position à la lisière de la forêt, derrière Strullendorf. Sa retraite bit inquiétée par les troupes légères, et s’effectua sous le feu des batteries de la rive gauche de

la Regnitz. L’Archiduc n arriva que le soir sur les hauteurs de Pinzberz.

Hotze s'attendant à être attaqué sérieusement le lendemain, attira le prince de Lichtenstein, et reçut aussi de Sztarray, à Burg- Eberach, un renfort de 5 bataillons et 4 escadrons. C’était en effet l’intention de Jourdan, qui avait réservé pour cela les divisions Bernadotte , Championnet, et la grosse cavalerie qui avait passé la nuit à Bamberg. 11 reconnut 1 ennemi au point du jour , mais le trouvant considérablement renforcé , il conclut que la plus grande partie de l’armée autrichienne se trouvait à Burg-Eberach , et renonça à son premier projet. Grenier qui devait , ce jour-là , arriver avec le parc à Schweinfurt , recul l'ordre d’occuper Eltmann,avec un bataillon et 2 escadrons; d'un autre côté , Championnet jeta, par la vallée de l’Aurach, dans le bois en avant de cet endroit, 3 bataillons et îoo chevaux; puis après avoir côtoyé le Mein, par Bamberg, il le passa sur un pont construit à Vireth , pour se rendre à Zeil : Bernadotte le suivit; ses troupes légères avec la grosse cavalerie , couvrirent la retraite , et tinrent ferme jusqu’à ce que toutes les colonnes eussent gagné la droite du Mein. Les lmpé-

riaux poursuivirent faiblement l'armée française, et ne lâchèrent contre elle que des partis. Jourdan lit une halte de six heures à Zeil , et reprit son mouvement rétrograde vers Schweinfurt , après avoir passé le Mein à Hallstadt sur deux ponts , au moment où Kleber arrivait à Zeil avec l’aile gauche de l’armée.

Le 3 1 août, 1 armée fut rassemblée à Schweinfùrt : la gauche à Oher-Lauringen , la droite à Schnakenwert.

Sztarray se réunit à Hotze ,1e 3o , à Burg- Eberach , par une marche forcée. L’Archiduc campa a Hirscheid , occupant Bamberg avec son avant-garde.

Si l’on n’a rien à dire contre les vues des deux Généraux en chef, depuis la bataille d’Amberg jusqu’au 3i août, les moyens qu’ils employèrent pour les remplir ne sont pas à l’abri de toute critique. En effet, Jourdan ne calcula pas l’emploi du temps , dans ses dispositions du 2Q : il attacha trop d’importance à la défense de la Regnitz , rivière trop peu considérable pour que la possession de ses rives put être comparée à l'avantage d’une bonne ligne de communication et de retraite. Les Français ayant préparé des ponts à Seussling et à Hirscheid , il eût été plus convenable ,

supposé qu’ils fussent assez solides , d’attirer dans la nuit, tout le corps de Kleber, des montagnes sur ce dernier endroit, pour y passer. En même temps il fallait , pendant cette nuit , faire filer de Forchlieim le plus de troupes possible, parle pont de Seussling, le détruire au point du jour; et s il était resté encore du monde de ce côté, le diriger sur Hirscbeid, ou au pis-aller sur Bamberg. Le gros aurait dû suivre la route de Burg-Eberach, pour coopérer de ce point à l'attaque générale; car si ce passage n’avait pu réussir, ainsi que cela arriva en effet, on aurait toujours eu dans la vallée de la Regnitz,ime masse de troupes suffisante pour s’ouvrir le chemin de Würzburg par Bamberg , et couvrir la marche, en occupant les hauteurs et les débouchés les plus voisins.

La disposition d’une attaque ou d’une opération décisive est vicieuse , quand elle n’est pas basée sur la réunion des forces , et quelle enlève, par cela même, au Général, les moyens de manoeuvrer en tout sens , et d’y faire sur-le-champ les changemens nécessités par les circonstances. Ainsi , le plan de l'Archiduc était encore plus défectueux que celui de son adversaire. Ses troupes devaient à la vérité se réunir, mais seulement pendant

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