‹ Vol. 3Chapitre 40 sur 155 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

que Jourdan attaquerait l’Archiduc de front, pendant que Moreau se porterait sur son flanc gauche, ou marcherait sur ses communications de l’Inn, en forçant User à Frey sing. L’Archiduc au contraire avait-il passé le Danube, et s’était-il réuni à Wartensleben en présence de Jourdan? alors la marche de Moreau en

Bavière eût été le plus mauvais de tous les partis à prendre , sur-tout son adversaire restant maître , par la place d’Ingolstadt , des deux rives du Danube. En effet, si l’Archiduc battait Jourdan , la retraite de Moreau serait devenue d’autant plus difficile , qu’il aurait pénétré plus avant. Au contraire , si Jourdan battait l’Archiduc, ce dernier était toujours libre de se jeter, réuni à Wartensleben , par le pont d’Ingolstadt , sur le flanc et les derrières de l’armée de Rhin et Moselle , à moins que ce débouché ne fût gardé par un corps considérable ; enfin , dans la supposition que les choses fussent restées quelque temps indécises entre Jourdan et l’Archiduc , Moreau pouvait les faire décider à l’avantage du premier , pourvu qu’il se tînt assez près du Danube pour le franchir à temps , et se porter suç les derrières et les flancs des Autrichiens.

Moreau avait consacré le 3i août pour faire une reconnaissance et ses dispositions préa-

labiés; ce n’était que le ier septembre qu il pensait mettre son plan à exécution : il fut prévenu par son adversaire.

Renforcé par l’arrivée de Aauendorf, que l’Arcbicluc avait détaché d’Amberg , avec 8 bataillons et 22 escadrons, pour retourner sur le Danube , et qui se trouvait déjà le 3o à Postsaal, Latour crut être en. état dç se mesurer avec Moreau, et de l'attaquer avec avantage. Nauendorf poursuivit sa marche à Aeustadt. Les troupes restées à Landshut furent dirigées le 3o à Siegenburg , et Latour résolut d'attaquer le ier septembre avec toutes ses forces , consistant en i4 bataillons et 29 escadrons. Aauendorf devait déloger l'ennemi de Yobburg, puis gagner le chemin qui mène dlngolstadt à Geisenfeld, pour prendre ce bourg à revers , pendant qu'une autre colonne, sous le commandement de Latour, s avancerait sur la chaussée de Aeustadt , et l'attaquerait de front. Au même instant, des détachemens devaient faire des démonstrations , de Aandelstadt , Mainburg et Freysing , contre Pfaffenliofen et W ollnzach. Le commandant de la garnisqp d Ingolstadt , forte de 4 bataillons, reçut ordre d opérer une diversion , en faisant de sa tête de pont une sortie avec une partie de ses troupes.

C H A P I T K £ y. gg

Latour s’était mis eu march e à trois heures du matin. Ses avant-gardes rencontrèrent au point du jour les premiers postes ennemis , au moment où la division et la réserve , sous les ordres de Desaix , se formaient en colonne pour l’attaque arrêtée.

L’avant-garde française fut délogée de Geisenfeid , et de la forêt qui se trouve derrière cet endroit. La cavalerie légère autrichienne poussa jusqu’au-delà deMenching, vers Reich ershofen.

Desaix profita de ce moment favorable pour déployer ses troupes; la droite sur la hauteur de la chapelle de Saint-Cast , la gauche à Puech. Cette position s’étendait sur des hauteurs à pente douce ; mais avait le désavantage d'avoir sa droite trop avancée, et presqu’en

air.

Le gros des Autrichiens marcha dans la forêt , sur la chaussée de Geisenfeld , pendant que quelques détachemens franchirent sur la gauche la hauteur de la chapelle de Saint-Cast, et repoussèrent l’aile droite ennemie. Les Autrichiens établirent leur artillerie près de la chapelle, mais n'osèrent aller plus loin, à cause de leur infériorité. La droite des Fiançais se reforma , -et Desaix la renforça de quelques troupes de sa gauche.

L’attaque principale partit de la forêt contre Langenbruck. Ce village, situé en avant du centre de la position, dont il était commandé et flanqué , fut emporté par les Impériaux qui tentèrent plusieurs fois , mais en vain , d’en déboucher.

Pendant ce combat , Latour avait dirigé sur la droite la cavalerie placée entre Langenbruck et la forêt de Geisenfeld, afin d attaquer l'aile gauche de l'ennemi qui s’étendait vers Puech , faiblement occupé. Elle se porta à droite de Langenbruck, par la plaine qui est entre ce village et la Paar , laquelle est formée par des prairies marécageuses , coupées jusqu’au pied des hauteurs par de petits ruisseaux. Desaix démêla son intention, et renforça sur-lechamp sa gauche, par un bataillon, 3 régimens de cavalerie , et de l’artillerie légère, qui se mirent en mouvement derrière les hauteurs. La cavalerie autrichienne s’avança pour l’attaquer; mais elle frit reçue par un feu de mitraille, chargée en front et en flanc par les escadrons français, et rejetée avec une perte énorme , en partie dans les marais. Latour alors tenta pour la troisième fois de déboucher de Langenbruck, mais inutilement. Son attaque sur Reichershofen, ne fut pas plus heureuse. Delmas détacha sur la Paar 3 ba-

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