‹ Vol. 3Chapitre 41 sur 155 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

taillons et 4 escadrons du corps de blocus d’Ingolstadt , lesquels , non-seulement , défendirent le passage de ce fleuve; mais menacèrent même les derrières des Autrichiens du côté de Menching.

Desaix, certain alors que son adversaire ne pouvait rien entreprendre contre son centre et sa gauche , se décida à reprendre la hauteur de la chapelle de Sain t-Cast. Son attaque fut impétueuse , et força les Autrichiens à se retirer, en abandonnant un obusier.

Latour se retira en ordre dans la forêt de Geisenfeld, sans être poursuivi vivement. La nuit favorisa 5a retraite dans la position d’où il était parti. Les détachemens de Mainburg , JNandelstadt et Frejsing, ne produisirent aucun effet, parce qu’ils rencontrèrent le centre de l’armée française , qui se dirigeait sur l’Ammer.

La résolution que prit le Général autrichien d’attaquer son adversaire le xer septembre , était trop tardive pour en espérer du succès contre un ennemi supérieur en forces. Et quand bien même le combat se serait terminé à son avantage , il n’en eût pas été plus avancé , vu qu’il n’avait pas assez de monde pour recueillir les fruits de la victoire. Moreau , au contraire , forcé à la retraite , se

y2 histoire d-e la campacive DK 1796.

serait rapproche de Jourdan , et eût menacé les derrières de l’Archiduc , ce qui dans ce moment, était très-dangereux. Latour était-il battu ? il risquait alors d être pour toujours coupe du Danube. Mais ce Général se laissa entraîner par l'espoir de culbuter l'aile gauche des Français, et de s ouvrir un chemin pour se lier par Ingolstadt* à 1 Archiduc. On peut croire qu il y serait parvenu bien plus aisément, en cherchant à se réunir à Nauendorf et passant sur la rive gauche du fleuve, qu'en risquant un combat. Quand bien même il eût été assez fort pour lutter avec Desaix, il ne devait pas douter que le centre à Pfaffeuhofen , et Delmas devant la tête du pont d’ingolstadt , n'arrivassent à temps jiour rétablir le combat, s’il n’avait pas tourné à leur avantage dès le commencement.

Desaix prouva dans cette circonstance une grande énergie , un coup d'oeil juste , et une connaissance parfaite de 1 emploi de chaque arme. Pris en flanc dans sa marche , par l’ennemi qui s avançait dans la foret de Geisenfeld , il fit front sur son flanc gauche*, Je refusa , parce qu il était le plus menacé , et forma dans une position presqu inexpugnable son centre , que les Autrichiens pouvaient le plus facilement aborder par la chaussée de Geisenfeld.

Le seul defaut de sa ligne fut d’avoir la droite un peu trop avancée sur la hauteur de la chapelle de Saint-Cast, parce quelle manqua d appui, et cpie le bois qui s'étend jusqu’à cette hauteur , en borna la vue. Mais Desaix qui ne savait pas dans le premier moment le point de la véritable attaque, 1 avait occupée parce qu elle est entourée d un petit ravin qui semblait lui être avantageux ; qu elle se liait à celle en arrière de Langenbruck , et quil espérait par-là empêcher l’ennemi de déboucher de la forêt.

La manière dont Latour fit son attaque , est sujette à plus d’un reproche. Après avoir chassé l'ennemi de la forêt de Geisenfeld , il s avança sur la chaussée contre Langenbruck, sans avoir une idée de sa position, qu’il aurait du reconnaître en arrivant au débouché de la forêt, où il aurait bienfait d établir quelques bataillons. De cette manière il aurait été convaincu que la gauche des Français ne pouvait être facilement tournée ou aboi’dée, et qu’une attaque sur le centre ne lui laissait entrevoir aucun succès.

Lorsqu on vint lui annoncer que son aile gauche avait emporté la hauteur de Saint-Cast, comment n’eut-il pas l idée de ne laisser dans la forêt que les troupes nécessaires pour cou-

vrir son liane droit , et amuser l’ennemi , tandis qu il se porterait avec les autres sur la gauche?

Ce mouvement e'tait facile à masquer ; et si Latour se fut avancé de Saint-Cast, l’aile droite de Desaix aurait été bientôt culbutée , le plateau sur lequel elle était établie , emporté , et sa position prise en flanc. Cette espérance évanouie , Latour se trouvait encore assez près du chemin de sa retraite à Geisenfeld, pour qu’on ne pût l’y prévenir.

L’attaque de ces hauteurs garnies d artillerie, au pied desquelles s’étendait un terrain marécageux , qu il fit avec sa cavalerie , avant d’être assuré que Delmas ne pousserait pas des troupes de Reichershofen , contre lui, est une opération au-dessous de toute critique.

C’était une habitude parmi les Généraux autrichiens , d’employer la cavalerie , sans égard au terrain , par-tout où ils étaient pressés , et où ils voulaient remporter un avantage décisif. Cet usage , consacré par la facilité avec laquelle au commencement de la guerre de la révolution , cette arme avait mis en fuite l infanterie française non aguerrie , et enlevé des bois , des retranchemens et des villages , avait donné naissance à des abus dont les conséquences furent aussi fâcheuses pour elle, que

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