‹ Vol. 3Chapitre 52 sur 155 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

grosse cavalerie, derrière Euerfeld. A trois heures après midi , parut la tête de la colonne de grenadiers; l’Archiduc les mit en bataille sur deux lignes ; la droite appuyée à la cavalerie , leur donnant pour points de direction les petits bois en avant de la ferme de Rottenhof, qui se trouvaient sur leur front. La cavalerie impériale attaqua les cuirassiers français à l’instant où ils se formaient; le prince de Lichtenstein tourna Euerfeld , avec la cavalerie légère soutenue d’un régiment de la réserve , et se dirigea , entre ce village et la ferme de Seligenstædter-Hof , contre le flanc de l’ennemi. Cette manoeuvre eut un plein succès : la cavalerie française qui avait attendu la charge sans bouger, fut culbutée; mais, comme il arrive ordinairement, les escadrons victorieux furent eux-mêmes en désordre. Bonnaud les fit charger à son tour par une partie de sa grosse cavalerie , qui venait de se former, et les rejeta sur les cuirassiers qui s’avancaient en colonne. Soutenus par un régiment de cette arme , qui sortit alors de la ligne, les escadrons repoussés cherchèrent à déborder la droite de la cavalerie française , mais ils tombèrent dans la ligne des feux de son infanterie, qui garnissait les petits bois, et furent chargés par quelques escadrons qui , ayant ga1-

gné leur flanc, par un mouvement rapide, les repoussèrent. Dès ce moment, la cavalerie française se trouvait totalement engagée; et les Autrichiens au contraire, avaient encore 12 escadrons de cuirassiers disponibles. Ceuxci s'avancèrent en colonne serrée contre elle au trot, renfoncèrent, et la repoussèrent en désordre sur 1 infanterie : tous les efforts du Général en chef et de Bonnaud pour la rallier , furent inutiles.

La disposition de l'infanterie sur une seule ligne , sans réserve, empêcha de porter remède à cet échec; la victoire penchait pour les Autrichiens : la ligne des Français était enfoncée, leurs flancs découverts, Grenier séparé, et tous les elforts de leur aile droite inutiles. Celle - ci débouchait sur ces entrefaites de Lengfeld, et en venait aux mains avec l ennemi , pour le déposter des hauteurs qu'il avait jusqu’alors défendues contre plusieurs attaques; mais Jourdan ordonna la retraite générale, et indiqua Arnstein comme point de ralliement.

De son côté, 1 Archiduc ordonna une attaque sur toute la ligne. Les grenadiers marchèrent droit aux petits bois de Rottenhof, suivis à droite de la grosse cavalerie. Le combat dégénéra alors eu une forte canonnade , car l'ennemi ne fit presque plus

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