CHAPITRE VI
Bernadotte seporta sur le même point par Ëimpar et Gundersleben. Ces deux villages étaient, à la vérité, plus éloignés de sa position en arrière de Lengfeld que de Koernach et d’Èstenfeld , d'où les Impériaux débouchaient ; mais la marche de sa division fut si précipitée, que malgré quils lui barrassent déjà la route, ils ne 1 occupaient pas assez fortement pour l’arrêter; car de trois demi-brigades qui se présentèrent, les deux premières forcèrent le passage, et il n’y eut que la dernière qui fut presque détruite, par deux régimens de cuirassiers en avant de Gundersleben. Elle se serait sauvée comme les deux autres , si le terrain , qui se rétrécit entre la forêt de Gramschatz et le Mein , n eut obligé la cavalerie à appuyer vers la division Bernadotte, et par conséquent à se croiser avec elle sur la route.
Les Autrichiens marchèrent jusques sur les hauteurs de Rimpar. Cette position était avantageuse ; mais comme ils ne pouvaient s’avancer plus loin, avant que la forêt de Gramschatz, sur leur droite, ne fut nettoyée, l’Archiduc y jeta de l’infanterie légère et 4 bataillons de grenadiers , en même temps que Kray y entra d’un autre côté. La cavalerie légère et deux régimens de cuirassiers soutinrent ce mouvement dans la
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plaine. La forêt fut occupée jusqu’à la vallée qui lie Gimdersleben à Gramschatz. Ou cessa la poursuite à la chute du jour; l’arrière-garde de Bernadotte tint jusqu’à minuit.
L’armée française se rallia derrière le défilé d’Arnstein : l’infanterie sur une ligne, à cheval sur la chaussée de Hammelhurg; la cavalerie à Marbach. Les Impériaux restèrent en position à Rimpar , où l’Arclxiduc rassembla les troupes de ligne, et forma avec ses troupes légères dans la forêt de Gramschatz , une chaîne de postes qui se prolongea vers la ferme de Gadehof jusqu à Veitsliœcheim sur le Mein.
Cette victoire lui assura la possession définitive de la communication la plus courte du Rhin au Mein, et lui procura la facilité de marcher sur le liane droit de l'ennemi , restreint désormais à une ligne de retraite désavantageuse. Elle produisit aussi une forte impression sur le moral de l’armée battue. On lui prit sept pièces de canon, plusieurs caissons, et des prisonniers (1).
(1) Les trophées de l’Arcliiduc furent bien loin de ce qu’ils auraient dû être.
Les Français, engagés dans la grande anse que forme le Mein , n’en pouvaient sortir que par Würzburg ou