CHAPITRE VI
Il n’y a pas de formation plus aisée que celle qu’on obtient d’une marche de flanc, vu qu’on peut l’exécuter par une seule conversion des pelotons; cependant Jourdan dont les têtes de colonnes étaient déjà arrivées vers midi sur le Steinberg, perdit tant de temps à se former , que le combat de cette journée n’aboutit qu’à lui faire gagner les hauteurs à proximité de la route. Sa disposition de marche ne convenait pas pour une attaque vive et précipitée. Si l’armée française, mieux disposée en colonnes serrées , eût suivi de près son avant - garde, Hotze pouvait être forcé, et les communications avec Würzburg rétablies. Les flancs de cette masse n’auraient rien eu à craindre de l’ennemi; car il devenait facile de lui opposer une ligne l’espectable au moyen d’une simple conversion.
On doit mettre au nombre des fautes commises par Jourdan durant la bataille , la négligence quil apporta à assurer son aile gauche, laquelle était entièrement en l’air dans la plaine, et dans le prolongement du point d’attaque. On peut y ajouter aussi le placement de la cavalerie en première ligne à côté de l’infanterie, et vis-à-vis celle des Autrichiens , qui était bien plus nombreuse; enfin sa retraite à Arnstëin, dangereuse sur-tout pour la division Berna- 3. *8
dotte , qui devait exécuter une marche de flanc dans une direction que les ennemis pouvaient lui couper. Cette faute dérivait de la première , qui força Jourdan à replier sa droite vers Ârnstein, pour la réunir à sa gauche.
L'Arcliiduc commit la même faute; il dispersa ses troupes : Sztarray risquait dêtre battu le 2 et même le 3 , sans qu'on fût à même de lui porter secours. En séjournant le 2 à Ober-Schwarzach , ce Prince exposa la moitié de son armée : son intention était à la vérité , de couvrir sa ligne de retraite etla route de Bamberg ; mais celle-ci ne courait pas de grands dangers , et au pis-aller, il lui restait celle de Psürnberg. En prenant position à KJoster-Schwarzach, il eût pu, au contraire, secourir Sztarray à temps. Un seul pont ne suffisait pas non plus pour lier ces coi’ps , et faire passer le Mein à 1 armée; il faut cependant avouer qu’on manquait de moyens pour en construire d’autres.
Les généraux autrichiens manœuvrèrent fort bien le 3. Peut-être auraient-ils pu causer plus de dommages à l’ennemi dans la poursuite, si après le passage des défilés de Kœrnach , ils eussent continué de marcher en colonne sans former deux ligues. Dès qu’on ne peut attaquer immédiatement, il n'est pas d’ordre