‹ Vol. 3Chapitre 57 sur 155 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

plus désavantageux que la marche en bataille, parce qu’il faut rompre pour passer tous les défilés, et se reformer ensuite. Siau contraire l’on s’avance en colonne, l’onne se développe qu’en présence de l’ennemi , et l’on est toujours à même de changer de front ou de direction.

La bataille de Würzburg est du petit nombre de celles de la dernière guerre du dix-huitième siècle , qui furent décidées par la cavalerie dans une contrée ouverte. Celle des Français avait beaucoup perdu depuis la révolution , tant en nombre qu’en qualité ; néanmoins , quoique celle des Impériaux lui fut supérieure sous tous les rapports, ses généraux manquaient souvent de tact dans son emploi.

La manière d’employer chaque arme est relative à sa nature, et doit être une des premières connaissances d’un général. L’infanterie opère en marche comme en position ; tout-à-fait indépendante , elle oppose par-tout une résistance opiniâtre; mais il n’en est pas de même de la cavalerie. Son effet est purement offensif, et procède d’un degré de force et d’élan des chevaux, dont le maximum ne s’obtient que par un mouvement progressif. Elle doit donc être formée à une distance suffisante du point où elle doit s’engager, et avoir assez de carrière pour y arriver avec toute l’impulsion

nécessaire. Le plus haut degré de cet élan n est que momentané, et se brise contre une ferme résistance. Ainsi par-tout où l'infanterie et la cavalerie se comportent bien, la première a sur la seconde d autant plus d avantages , qu elle 1 atteint par son feu, avant que celle-ci ait acquis sa plus grande force; mais lorsque des escadrons en attaquent d’autres de front , la victoire dépend ordinairement du plus petit incident.

La force s use par un emploi souvent réitéré, en sorte que 1 épuisement succède au plus haut degré d’élan. Il suit de là qu'on ne peut résister avec des escadrons qui viennent d’exécuter une charge , dès que l’ennemi leur oppose de nouvelles forces. Pour qu elle ait un plein succès , il est nécessaire que la première ligue soit suivie d'une seconde , et s'il était possible , d une troisième de troupes fraîches (1 ). C est sur ces principes que sont basées

{ i ) Plusieurs écrivains ont blâmé la formation de la cavalerie sur trois lignes , en lui préférant celle sur deux, lint rainé par leurs raisonnemens, j'avais partage leur opinion, dont l’expérience m’a bien fait revenir.

L ordre d'attaque par petites colonnes, proposé air chapitre XL du Traité des grandes Opérations, convient encore mieux à la cavalerie qu’à l’infanterie ; car oure que son allure vive et leste la soustrait prompte-

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