CHAPITRE VI
Je$ règles de la formation et de l'emploi de la cavalerie , un jour de bataille.
Lorsqu’elle doit couvrir pn ppint , il faut quelle s’en trouve assez éloignée pour atteindre en carrière l’attaque qu’on en fera. Est-elle destinée à couvrir le flanc de l'infanterie ? par un motif semblable , elle ne doit jamais être sur la même ligne qu’elle. Veuton attaquer ? on n’oubliera jamais combien
ment aux effets meurtriers de rarlillerie , io à 12 escadrons conservent plus d’ordre et de force dans leurs charges en colonnes, qu’en ligne déployée; on peut disposer des derniers pour les porter à droite et à gauche sur les flancs de 1 ennemi ; en cas d’échec , ceux qui sont ramenés n’occasionnent aucun désordre dans les colonnes qui les suivent en échiquier à une certaine distance , parce que les fuyards ont tout l’espace nécessaire pour s’échappe^. L affaire de Château-Thierry , où la cayalerie prussienne fut culbutée en 1814, par des forces inférieures, pour avoir été mal-adroitement formée sur deux lignes , est une nouvelle preuve de cette vérité.
L ordre de bataille qui semble le plus convenable pour la cavalerie , seroit d’en avoir un quart déployé, moitié en colonne sur chacune des extrémités de celle déployée, et le dernier quart en réserve au centre. Ainsi, en supposant un corps de cavalerie de 40 escadrons , on en mettrait 10 en ligne , 20 en deux colonnes à droite et à gauche , et 10 en réserve au centre, à quelque distance de la queue des colonnes des ailes.
les charges de front sont incertaines , et l'on massera toute sa cavalerie pour se procurer , s'il est possible , la supériorité. En général , on n’attaquera l’ennemi, qu’au point où il donnera prise ; et l’on cherchera principalement à le déborder, à tomber sur ses lianes et sur les têtes de ses colonnes. Pour exécuter la charge , on se formera sur plusieurs lignes : la seconde devra dépasser les lianes de la première, afin de les couvrir. Dans ce même but , et pour conserver aussi la faculté de déborder l’ennemi , on pourra établir des colonnes sur les deux ailes. Enfin , l'on mesurera son mouvement, de manière que la première ligne ne se mette en carrière que pour tomber sur l’ennemi avec toute sa vigueur , pendant que les autres s’avanceront au trot. Celles-ci ne resteront pas trop éloignées de la précédente , et leurs chevaux seront en état de prendre simultanément une allure plus vive , et de resserrer leur ligne.
Quand la nature du terrain ne restreint pas l’emploi de cette arme sur un seul point , il est avantageux de la réunir derrière 1 infanterie , dans une position d où elle puisse se porter facilement par-tout. Ceci s’applique particulièrement à la grosse cavalerie. Quelques escadrons légers, placés derrière la première ligne