CHAPITRE VII
la force des corps lancés à sa poursuite , devait prendre toutes sortes de précautions pour traverser un pays boisé et difficile, dont il lui était impossible de saisir l’ensemble d’un coup d’oeil.
.L’Archiduc , au contraire , en s’avançant librement sur la route d’Aschaffenburg , pouvait arriver à la hauteur de l’armée française , menacer son flanc , la forcer à précipiter sa retraite , l’empêcher de prendre une position parallèle au Rhin , faire lever les blocus des places , et en tirer des renforts pour manoeuvrer ensuite contre les communications de Jourdan , dans le cas où il voudrait rester sur la Lahn.
Un pont fut jeté dans la nuit du 3 au 4 septembre, à Zeîl sur. le Mein. L’avant-garde et une partie de l’armée, y passèrent la journée suivante : le reste les suivit après la reddition de la citadelle de Würzburg. L’avant-garde se porta à Waldbittelbrunn. Des détachemens coururent jusqu’à Bischoffsheim et Lengfurt, où ils rétablirent le pont de bateaux. Le colonel Merveld fut envoyé dans la vallée du Rhin , avec 1 1 bataillons. Ses instructions portaient de percer entre Heppenheim et Darmstadt, de se réunir en quatre jours à la gar- 3. 9
l3o HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1796.
nison de Mannheim qui n'était pas bloquée, et de se porter de concert avec elle sur le Mein.
L’Archiduc profitant de sa supériorité en cavalerie, poussa des partis dans toutes les directions, qui firent un grand mal à l’ennemi , soit en répandant de fausses nouvelles , soit en excitant les paysans à l’insurrection , ou prenant des courriers, des convois, et des traîneurs. Les Français abandonnèrent à Scliweinfurt 122 pièces de canon qu'ils avaient enlevées à Bamberg, Forcheim et Koenigshofen. Ils laissèrent en outre à Freudenberg , 1 o bateaux chargés de 60 pièces de canon , de beaucoup de fusils , et de 34o barils de poudre. On trouva à Wertheim et Wtirzburg des magasins considérables. La citadelle de cette dernière place se rendit le 4 au matin , et la garnison, forte de 800 hommes, fut prisonnière. Elle était commandée par le général Bollemont , directeur de l’artillerie de l'armée de Sambre etMeuse, lequel s'y était rendu pour faire remplacer les munitions de l’armée , et s'y trouva renfermé par la marche rapide des Autrichiens. On y trouva 88 pièces d'artillerie , appartenant aux princes de l’Empire , outre six bouches à feu et ia5 caissons français.
Le 5 septembre, l’Archiduc se porta de Zell à Aschaffenburg , sur deux colonnes. L'infan-
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îerie traversa la forêt clu Spessart , pour se rendre a Lengfurt et Rohrbrunn; la cavalerie prit par Bischoffsheim et Miltenberg. Le 6 , f avantgarde rencontra à Besenbacii près d’Aschaffenburg , une demi-brigade, et quelque cavalerie, cjue Marceau y avait détaches du corps de blocus de Mayence. La cavalerie fut mise en fuite par celle des Autrichiens , qui lui était supérieure , l’infanterie dispersée et taillée en pièces. Le 7, lavant- garde arriva sur la Kahl, plaça ses postes sur la Einzig, et occupa Neu-Ysenburg , Olfenbach et Bergen. La nuit suivante, Marceau fit traverser le Mein à la division Bonnard , qui avait investi Cassel , et couler le pont de pontons de Rüsselsheim. Trois bataillons de cette division passèrent Je Rhm à Erbach , pour se réunir aux troupes qui investissaient Mayence , sous le commandement du général Hardy.
Le 8 , les Autrichiens entrèrent à Francfort, occupèrent Roedeîsheim , et envovèrent des détachemens de cavalerie de l’autre côté de la Nidda vers Kœnigstein. L’avant-garde prit position à Lehrhof près de Hanau; Lichtenstein à Mehrholz ; Elsnitz à Steinau , Schlüchtern et Bierstein. Marceau leva le même jour le blocus de Cassel , et prit position avec le corps d’in-
veslissement de 1 3 ù 14 mille hommes, sur le plateau de Dot/heim.
Le but de l'Archiduc se trouvait rempli; les principales forteresses étaient déblocpiées. Merveld arriva le 7 à Heppenlieim , d’où il se lia avec la garnison de Mannheim.
Les Autrichiens en se retirant, avaient laissé dans les places du Rhin près de trente mille hommes , répartis ainsi qu’il suit, savoir :
3,ooo hom. dinf.e. . . à Ehrenbreilstein.
1 5,ooo - 1200 chev.1 à Mayence.
8,800 - 3oo - à Mannheim.
2,5oo - 3o - àPliilipsburg.
De son côté, Jourdan n’avait laissé qu’environ 26 mille hommes devant Mayence et Ehrenbreitstein. Les divisions Marceau et Bonnard investissaient Mayence , de concert avec la première brigade de Poucet, dont la seconde observait Ehrenbreitstein. Moreau s'était contenté de poster à Bruchsall, 3 bataillons et 2 escadrons, faisant environ 2,800 hommes d infanterie et 240 chevaux, sous le commandement du général Scherb , pour observer Mannheim et Philipsburg.
Malgré leur faiblesse , ces divers détachent ens restèrent tranquilles dans leurs positions jusqu’à l'approche de l'Archiduc. U n'y avait