CHAPITRE VII
qu’une négligence coupable de ces garnisons , qui pût sauver les Généraux français du châtiment qu’ils méritaient pour s’écarter si loin du Rhin, sans assurer préalablement leurs communications. En effet , quand on compare la force des garnisons autrichiennes avec celle des corps de blocus ; que l’on se rappelle que Mannheim et Philipsburg n’étaient pas cernés; et que le corps de blocus de Mayence coupé par le Mein et le Rhin , se trouvait opposé à une garnison supérieure de beaucoup à chacune de ses parties , on sent quelles ressources des commandans actifs et décidés auraient eu , dès le principe , pour punir l’ennemi ffe-saffémérité. Mais les motifs qu’alléguèrent les Gouverneurs pusillanimes de ces places , lorsqu’on les abandonna à leurs propres forces , disparaissant au retour du prince Charles ; ne pouvant plus comme alors prétexter la crainte de se commettre en faisant des expéditions en rase campagne; l’armée victorieuse s'approchant à grands pas ; l'ennemi affaibli se retirant dans le plus affreux désordre ; les habitans du pays se déclarant par-tout pour les vainqueurs; ceux de l’Odenwald et des environs de Philipsburg ayant pris les armes et demandant à se joindre aux garnisons, pour tomber sur les derrières des Français : combien n’étail-il
pas facile à celle de Mannheim, d’enlever, d anéantir le corps de Scherb, de combiner ensuite une opération avec celle de Mayence pour débloquer cette place, ou tout au moins , forcer Marceau à faire des détachemens , pour la contenir pendant la retraite de 1 armée de Sambre et Meuse. Il faut donc l'avouer, linaction de ces Gouverneurs fut très-préjudiciable aux Autrichiens, car leurs garnisons ne servirent pas même à rétablir entre les armées des deux Puissances, l’équilibre rompu dès l'ouverture de la campagne; elle rendit au contraire leur disproportion plus sensible , car les Français employèrent moins de troupes à bloquer ces places , qu ils n’en mirent à les garder. Circonstance qui neutralisa l'avantage qui résultait pour eux de l'occupation de points secondaires , que les premiers étaient tenus d’observer.
On pourrait dire pour leur excuse que la répartition des différentes armes dans ces places était fautive, et qu elles étaient mal approvisionnées; mais cela ne serait admissible que pour la première période de l'investissement, et rien ne justifie plus tard leur coupable indifférence. La supériorité des deux armées françaises avait décidé l’Archiduc à ne donner à ces places que le strict nécessaire pour leur défense,